Après deux essais infructueux au sein des écuries Maingard et Gujadhur, Johan Victoire a fini par trouver les bons réglages. C’est le cas de le dire car en trois journées de courses, le jockey français a déjà ramené deux vainqueurs pour le compte de son nouvel employeur, l’écurie Serge Henry. Mais encore, d’aucuns s’accordent à dire que la dernière victoire en date du Français, celle de Prince Alwahtan, demeure sans conteste la plus spectaculaire qu’il ait réussie jusque-là au Champ de Mars. Le principal concerné nous le dira lui-même : « Pourvu que ça dure. »
Aligné pour la deuxième semaine consécutive, Prince Alwahtan faisait partie des favoris de la quatrième course. Un choix logique du fait qu’il n’avait pas eu toutes ses aises dans la ligne droite lors de son précédent engagement. Vu en antépénultième position lors du premier passage de la ligne droite, Johan Victoire laissa sa monture courir à son rythme. Si bien qu’il se retrouva finalement à faire la course en avant-dernière position, à l’intérieur d’Albert Dock. En attentiste sur les barres, Prince Alwahtan amorça son attaque à l’entrée de la ligne droite. Si le Français avait opté pour le passage entre Teamog et Princeton dans un premier temps, il dut se raviser lorsque le dernier nommé versa à l’intérieur. En effet, on vit Prince Alwahtan slalomer à l’extérieur de Princeton, tout en prolongeant son effort pour venir coiffer le même Princeton sur la ligne d’arrivée.
« Prince Alwahtan gagne quand il n’est pas malheureux. Il faut aussi dire que je ne le connaissais pas la dernière fois. Je suis très heureux chez mon nouvel employeur. L’entraîneur Serge Henry ne me prend pas la tête avec les instructions. Il m’explique tout simplement comment est le cheval et ensuite c’est à moi de voir. J’ai jugé qu’il fallait attaquer en dehors et je l’ai fait. Je suis content que cela ait marché.», a indiqué Victoire.
« Je suis parti un peu trop tôt avec Monsieurnando »
Le doublé était à portée de main avec Monsieurnando dans la septième course. Mais ce fut sans compter la hargne de Pier Corner Offer sur Wonder Kid. Monsieurnando échoua au premier accessit.
« Je pense que je suis venu un peu tôt avec Monsieurnando. Mais il faut aussi reconnaître que le gagnant était vraiment trop fort. On n’a pas de regrets. On est surtout très content que le cheval soit là après ses derniers déboires. »
Vu la solidité du champ de la cinquième course, Strike Again n’était bien évidemment pas un choix prioritaire. Bien qu’ayant un avantage pondéral — 55 kg — sur ses adversaires du jour, il eut du mal à passer à la vitesse supérieure en ligne droite. Il termina au trot et bon dernier. Selon Victoire, le cheval n’a pas eu de clear run et il ne peut « en dire plus ».
De Burberry dans la dernière épreuve, sa sixième place à l’arrivée s’explique en raison « de son âge avancé et le manque de rythme dans la course. » Toujours est-il que son jockey trouve qu’il a couru « raisonnablement ».
Imperial City, de son coté, fut l’auteur d’une bonne troisième place derrière  Twitter et Cash Lord dans la deuxième épreuve.
Quant à Tigger, Victoire nous dira sans détour qu’il n’a pas bien monté le cheval et qu’il s’est « laissé endormir ». Une qualité appréciée chez ce jockey, qui ne trouve jamais d’excuses pour justifier une mauvaise monte. Lorsque Turf Magazine le félicita pour ce trait de caractère, le visage du français arbora un large sourire, avant qu’il ne hausse les épaules en signe d’approbation.
Invité à commenter sur le fait qu’il a changé d’employeur en trois occasions, et ce dans un court laps de temps, il nous dira que : « Bon, écoutez, ma première écurie, celle de Maingard, a eu une longue série de méforme. Je me souviens n’avoir ramené le moindre vainqueur pendant huit semaines. Mais vous savez quand une équipe de marche pas, il faut du changement. Ainsi, M. Maingard a décidé de mettre fin à notre association. Chez l’écurie Gujadhur, je n’ai pas vraiment eu de soucis. M. Gujadhur a été très gentil avec moi. Il m’a donné beaucoup de conseils. Mais comme il était champion l’année dernière, les chevaux étaient un peu moins percutants cette année. Puis, d’un commun accord, on a décidé de se séparer.»