La Creole Speaking Union (CSU) a désormais sa propre maison d’édition. Ses premiers ouvrages édités ont été rendus publics samedi dernier, à Quatre-Bornes, en présence du Premier ministre suppléant, Xavier-Luc Duval. Il s’agit des textes primés au concours littéraire, lancé par la CSU l’année dernière.
Le recueil de nouvelles Longanis, saser, korbo ek lezot ti-zistwar, d’Aanas Ruhomaully, le roman Tigann – Traverse enn fam dan divan kontrer, de Melanie Pérès, et le recueil de poèmes Rekonfor dan letan dir, de Tenusha Jundoosing, sont les trois ouvrages primés dans le cadre de ce premier concours littéraire et sont les premiers édités par la nouvelle maison d’édition sous la direction d’Arnaud Carpooran, linguiste, président de la CSU et Chaire des études françaises et créoles de l’Université de Maurice. Celui-ci a invité les trois lauréats à faire partie de la maison d’édition qui, précise-t-il, « est une entité gouvernementale avec l’ambition d’aller encore plus loin dans la promotion du Kreol Morisien et la propagation de son apprentissage à l’écrit et à la lecture par la population ». Un but qui pourrait être atteint notamment à travers les concours littéraires et de dictée, qui sont déjà au programme de la CSU. Arnaud Carpooran promet une deuxième édition, avec des « conditions plus claires », pour cette année. Se fondant sur cette première expérience, il promet que le prochain concours sera « différent, plus professionnel ».
La cérémonie de remise de prix aux lauréats du concours littéraire en créole et de la dictée, organisée à l’occasion du Festival international kreol (FIK), s’inscrivait dans le cadre de la Journée internationale de la langue maternelle, observée chaque année le 21 février. Une date importante du calendrier de la CSU, selon Arnaud Carpooran, qui a un mot spécial pour « ceux qui nous ont précédés » dans la littérature créole, laquelle remonte à 1822, avec le texte Les essais d’un bobre africain, de François Chrestien. « C’est surtout grâce à ceux qui ont fait un gros travail sur la langue que le Kreol Morisien a aujourd’hui une reconnaissance officielle ».
Arnaud Carpooran souligne que la CSU a été satisfaite du retour à l’appel lancé pour ce premier concours littéraire en créole qu’elle organisait, avec une vingtaine de participants. « Dapre komanter nou panel ziri, nivo-la ti ase elve dan lansam, ek zot finn sirtou inpresione par diversite ki karakteriz bann diferan tex ki zot finn gagne pou lir, ek ki demontre ki Kreol Morisien finn mir pou atak tou zanr literer ki existe », écrit Arnaud Carpooran en avant-propos dans les textes publiés. La participation s’est faite de manière anonyme, chaque candidat ayant fait usage d’un nom de plume, et leurs noms ont été rendus publics le 28 novembre dernier au Caudan, après la dictée en kreol. Le jury était composé de Pascal Nadal, professeur d’anglais et de littérature au Mauritius Institute of Education (MIE) et engagé dans la formation des enseignements du Kreol Morisien, Kumari Issur, spécialiste de littérature à l’Université de Maurice (UoM), Farhad Khoratty, Senior lecturer en Cultural studies à l’Université de Maurice, Brigitte Masson, écrivaine, éditrice et animatrice d’atelier d’écriture et Robert Furlong, chercheur en littérature.