Les éditions No Comment et Alexis Villain se sont raccrochés au wagon Confluences à trois semaines du salon, par un heureux hasard, grâce à la librairie L’Atelier qui diffuse leurs livres à Maurice. Un magazine gratuit, diffusé à Madagascar, finance l’édition de livres qui sont par ailleurs disponibles en France et dans la région grâce aux diffuseurs et libraires qui les ont choisis. Une belle aventure à observer de près.
L’organisation du marché du livre veut que le libraire soit le plus souvent en contact avec des diffuseurs et non pas avec les éditeurs dont il vend les livres. L’Atelier présente depuis plusieurs mois les ouvrages de No Comment grâce à son distributeur français sans connaître directement cette maison pourtant basée à une heure et demie de vol, à Antananarivo…
Alexis Villain a décidé de venir à Confluences sous l’influence de l’Atelier avec lequel il est entré en contact à quelques semaines de la tenue du salon. Ainsi, les visiteurs ont-ils pu découvrir le dernier ouvrage de l’excellent photographe Pierrot Men, dans une sélection de clichés consacrés aux femmes de la Grande île, l’essai sur le développement de la société malgache signé Sylvain Urfer, un polar tout à fait intriguant qui met en scène un reporter voyeur dans la Grande île ou encore le dernier ouvrage photographique de cette maison réalisé par Rijasolo sur la vie nocturne à Madagascar.
Le visiteur du stand a pu comprendre aussi qu’il avait affaire là à des militants du livre, qui ont décidé de tenter une aventure éditoriale sur la Grande île en publiant des livres grâce à l’apport d’un magazine culturel… Car No Comment est en premier lieu un tout petit magazine culturel qui fait un tabac à Madagascar avec 24 000 exemplaires diffusés chaque mois. Ce magazine de petit format, à lire n’importe où est gratuit et entièrement financé par la publicité présente en abondance, à côté d’articles culturels en tous genres. Edité mensuellement, par la simple force de la vente d’espace publicitaire, il est devenu l’outil indispensable de celui qui souhaite se tenir au fait des tendances et de l’actualité culturelles du pays.
Ce magazine marche bien avec une petite équipe de journalistes rémunérés, et ses profits permettent de financer la publication des livres cités plus haut, dont la diffusion et la vente à Madagascar représentent un combat de plus longue haleine. L’autre atout de No Comment est que ses ouvrages sont édités d’un côté pour le marché malgache avec des imprimeurs du pays, à moindre coût et prix de vente, ainsi que de l’autre côté en France où ils peuvent trouver également un grand nombre de lecteurs.