Indignés par l’octroi d’une « car allowance » à deux hauts cadres des Éditions de l’Océan Indien alors qu’on leur a dit que la situation était précaire et qu’on ne pouvait leur accorder une augmentation de salaire due depuis juin 2011, des employés ont décidé de se mobiliser contre une éventuelle fermeture de leur entreprise. Ils sollicitent une rencontre avec le Managing Director de la State Investment Corporation pour tirer tout cela au clair.
« Si nou kontinie res trankil, nou pou kontribue dan desizion ki kapav pran pou ferm les Éditions de l’Océan Indien (EOI), alor ki sa librairi/maizon dedisyon/imprimeri-la enan enn bel lavenir divan li ! » explique Reeaz Chuttoo. Le secrétaire de la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), fédération syndicale à laquelle est affiliée la Newspaper and Printing Industry Employees Union (NPIEA), syndicat qui regroupe également les employés des EOI, poursuit : « Si nou pena kapacite pou donn enn ogmantasyon saler ki ti bizin finn done depi plis ki enn an, kouma eski li akseptabe ki ou kapav donn enn “car allowance” de Rs 60 000 par mwa a selman de emplwaye, alors ki sa kass-la ou ti kapav pe paye ogmantasyon saler preske tou bann anploye des EOI ? »
Reeaz Chuttoo était entouré de la présidente de la confédération syndicale, Jane Ragoo, et des membres de la NPIEA, tous réunis au Centre social Marie Reine de la Paix ce matin pour rencontrer la presse.
« Est-ce moral de trouver les moyens de payer l’allocation voiture de deux hauts cadres seulement, alors que la grosse majorité des 80 employés attendent depuis plus d’un an une augmentation de salaire que la direction des EOI aurait bien pu financer avec cet argent ? » se demande-t-il encore.
Dans une lettre à la State Investment Corporation (SIC), sous l’égide de laquelle tombent les EOI, la CTSP rappelle que le Collective Agreement que les employés ont signé avec leur employeur pour une période de cinq ans est arrivé à expiration en juin 2011. De nouvelles discussions avaient commencé et les employés auraient dû commencer à bénéficier d’une augmentation de salaire en juillet 2011. « Toutefois rien n’a été fait jusqu’ici et les employés ont été informés que les EOI sont en grande difficulté financière et qu’un nouvel accord collectif ne pouvait être signé, tandis qu’en même temps deux hauts cadres ont bénéficié de voitures neuves », écrivent Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo. « Employees believe that this is adding insult to injury, because those members are saying that this is their due », poursuivent-ils.
Lors de sa rencontre avec la presse, Reeaz Chuttoo a présenté deux exemples de mauvaise gestion de la part de la direction des EOI. « D’abord les EOI ont rendu un local qu’elles louaient Rs 3 000 mensuellement en plein centre de Rose-Hill pour occuper un autre à Belle-Rose, vis-à-vis de Super U pour Rs 300 000, alors que leur clientèle était restée la même. Puis, il y avait un stock de Rs 36 M de livres invendus, avant que quelqu’un n’ait eu l’idée d’organiser des foires de livres qui marchent très bien ! Le changement trop fréquent de directeur aux EOI est un autre problème qui a miné cette institution », déplore-t-il.
Le secrétaire de la CTSP note toutefois que les EOI sont une institution qui joue un rôle important dans l’accès à l’éducation à travers l’impression, l’édition et la publication de matériels d’études. « Malheureusement, il y a mauvaise gestion et cela ne peut continuer… Les EOI, à travers leur clientèle assurée d’écoliers, de collégiens et d’étudiants, ont un avenir certain dans le monde de la publication à Maurice. Nous ne pouvons rester les bras croisés et assister passivement à la fermeture alors que c’est une mauvaise gestion et un mauvais marketing qui les gangrènent ! » explique-t-il.