Les débats sur les amendements à l’Education Act visant à réglementer les leçons particulières au primaire et au secondaire ont débuté mardi. Sur les dix intervenants prévus, seuls trois ont pris la parole, notamment les deux principaux le ministre de l’Éducation Vasant Bunwaree et le député MMM Steve Obeegadoo, et la députée MSM Prateebah Bholah. Le Parlement ayant été ajourné au vendredi 4 novembre pour la présentation du Budget et les débats y relatifs devant durer au moins trois semaines, la date pour la reprise du projet de loi est pour l’heure incertaine.
L’intention du ministre de l’Éducation est d’abolir les leçons particulières en Std IV hors des murs de l’école et de rendre obligatoire le Enhancement Programme pour les élèves de cette classe. La présentation du Education (Amendment) Bill a pour objectif de rendre légale cette mesure avant la fin de l’année afin que parents et enseignants ne prennent des engagements mutuels pour des leçons particulières en Std IV à la prochaine rentrée scolaire prévue le 12 janvier.
Sauf qu’en apportant ces amendements à une date coïncidant avec la présentation du Budget, Vasant Bunwaree fait face à une contrainte de temps pour faire voter la loi. Outre les interventions de la dizaine d’orateurs et le summing-up par le ministre, il faut aussi prendre en considération le temps nécessaire à la promulgation de la loi. Le ministère devra aussi, dans les semaines qui restent avant la fin de l’année, enclencher les préparatifs pour la mise en place d’un mécanisme de contrôle pour les leçons particulières qui sont toujours autorisées en Stds V et VI et au secondaire.
Sur le fond, Vasant Bunwaree admet que le phénomène des leçons particulières s’est répandu avec les conséquences que l’on sait, soit des « financial burdens » pour les parents et des « undue stress » pour les élèves, les parents et les enseignants. Cette décision, souligne le ministre, fait partie des « innovative measures » pour la réforme de l’éducation, qui a pour objectif de faire des enfants du pays des « global citizens ». Il rappelle qu’il reconnaît, dans son plan présenté en 2009, l’existence de pratiques abusives et « this issue should be addressed by regulations ». D’où ce projet de loi qui, affirme-t-il, est une première étape dans le « gradual phasing out » de ce système de leçons particulières.
Dans un discours long d’une heure et demie, Steve Obeegadoo a fait un véritable réquisitoire contre le système hypercompétitif au primaire. « Une ineptie, M. le président ! Voilà ce que représente à nos yeux ce projet de loi. Alors que le mal est ailleurs, on veut faire croire qu’on peut le guérir en s’attaquant aux symptômes par un simple amendement à la loi. »
L’ancien ministre de l’Éducation est catégorique : « Les leçons particulières existent que par et pour le CPE. Nous savons tous l’hypercompétition qui y règne ». Pour lui, le responsable de cette situation est le gouvernement qui a renforcé cette compétition par l’introduction du système A+ en 2005. Le vrai défi, déclare-t-il, est de s’attaquer au système. « Si le gouvernement n’est pas capable de relever ce défi, le MMM est prêt à assumer cette responsabilité ! »