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  • La décision pour la deuxième édition de ces épreuves de fin de cycle primaire entérinée ce matin par l’Éducation. Les examens prévus du 22 au 25 octobre dorénavant programmées du 29 octobre au 4 novembre ouvrant la voie à des conjectures sur le Nomination Day pour les prochaines élections générales.
  • Officiellement, ce changement intervient suite à l’intervention des parents pour une plus longue période de révision.

Un développement de taille dans le calendrier scolaire de fin d’année, entériné officiellement ce matin, viendra à coup sûr alimenter les spéculations au sujet de la tenue des prochaines élections générales. Contre toute attente et de manière exceptionnelle, les dates des examens de fin de cycle primaire, le Primary School Achievement Certificate (PSAC), dont ce sera la troisième édition, ont été repoussées d’une semaine, ouvrant la voie à des conjectures que le “Nomination Day” pour les prochaines élections générales pourrait se dérouler aux dates ainsi libérées. Officiellement, ce renvoi des examens du PSAC est justifié par une demande venant des parents pour une plus longue période de révision.

Les nouvelles dates des examens du PSAC, arrêtées par les autorités compétentes, soit du 29 octobre au 4 novembre au du 22 au 25 octobre 2019, devront à nouveau être avalisées par le Conseil des ministres, probablement lors des délibérations du jour. Ainsi, ce matin, les représentants des syndicats du cycle primaire ont été convoqués à une réunion urgente au ministère de l’Éducation . La révision des dates du Primary School Achievement Certificate a ainsi été discutée. La raison officielle avancée par le ministère est que des parents ont relevé que leurs enfants n’ont « pas eu suffisamment de temps » pour se préparer, car ayant manqué les classes plus tôt dans l’année en périodes de pluies et cyclones. Raison qui semble a priori assez banale puisque, chaque année, les élèves ont des jours de congé imprévus pour les mêmes raisons.

L’autre raison avancée est que certains enseignants disent se concentrer sur le “modular assessment” pour “Science” et “Histoire-Géographie”, prévus les 26 et 27 août, et qu’ils n’ont pas assez de temps pour travailler sur les autres matières. Là également, ce n’est pas la première fois que le “modular assessment” se tient à la fin du mois d’août. Le PSAC en est déjà à sa troisième édition.

Sollicité sur cette démarche du ministère, Vinod Seegum, président de la Government Teachers Union, dit avoir donné son accord pour ce changement. «Officiellement, on a dit que les enfants n’ont pas eu suffisamment de temps pour se préparer. Si tel est le cas, je n’ai aucune objection, car il faut penser à l’intérêt des enfants avant tout. »
D’autres syndicats ont fait part de leur désaccord au ministère. « C’est une raison complètement banale car le programme d’études a déjà été couvert et les élèves et leurs profs sont quasiment prêts pour entrer dans les examens à partir du 22 octobre », affirment plusieurs enseignants et Head Teachers. « Il y a sûrement une autre raison à ce changement de dernière minute, et qu’on nous cache », croient plusieurs participants à la réunion de ce matin.

Selon des instituteurs, ce report d’une semaine risque de « perturber psychologiquement » les candidats, qui s’attendaient à être libérés du stress des examens à compter du 25 octobre. « C’est une décision irréfléchie et on n’a pas mis en avant l’intérêt des enfants », selon des maîtres d’école.

Par ailleurs, ce changement inattendu risque de bouleverser aussi les parents qui travaillent et qui ont fait des demandes de congé bien en avance à leurs employeurs pour être aux côtés de leurs enfants. « La date des examens a été annoncée par le ministère depuis le mois d’avril, et on sait que des parents qui suivent de près le parcours scolaire de leurs enfants ont déjà fait des demandes de congés durant cette période. Ce n’est pas sérieux de la part du ministère », fait-on comprendre.

Initialement, les examens du PSAC devaient se tenir le 22 (français), 23 (anglais), 24 (langues asiatiques et kreol morisien) et 25 octobre (mathématiques). Ils sont maintenant programmés du 29 octobre au 4 novembre, avec une coupure au milieu, les 1er et 2 novembre étant des jours fériés, tandis que le 3 tombe un dimanche. Les matières seront dans le même ordre.

Toutefois, tous les syndicats n’étaient pas sur la même longueur d’ondes concernant ces dates. Certains étant d’avis que la coupure des 1er et 2 novembre ne serait pas propice aux candidats. Ils ont alors suggéré d’avancer la date des examens d’un jour, soit le 28 octobre.

Vinod Seegum explique : « Personnellement, je n’étais pas pour le 28, car le 27 octobre, on célèbre le Divali. On sait que c’est une fête importante du calendrier hindou et, le lendemain, les enfants risquent de ne pas être dans les meilleures dispositions. » Pour l’heure, le “modular assessment” de “Science” et “Histoire-Géographie”, à la fois pour les Grade 5 et 6, restent inchangés. De même, les examens pour les autres classes, soit les Grades 1 à 5, devront avoir lieu avant le PSAC afin de respecter le calendrier scolaire. Généralement, ces épreuves se tiennent après celles du PSAC.

Des questions se posent toutefois sur ce changement inattendu. D’autant que la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun, n’est pas du genre à céder facilement aux pressions des parents ou des étudiants. Elle l’a démontré pour la mise en application de son projet “Nine-Year Schooling” ainsi que pour l’application des règlements sur les 90% de présences pour bénéficier du financement de l’État aux examens de SC et de HSC.

Avec l’échéance des élections générales annoncées pour décembre, les observateurs s’orientent plutôt vers un possible “Nomination Day” coïncidant avec les dates du PSAC. On sait que la partielle au No 7 (Piton/Rivière-du-Rempart) est prévue le 13 novembre, le “Nomination Day” pour cette partielle ayant été fixé au 17 août. Entre ces dates devront intervenir la dissolution de l’Assemblée nationale, la publication des “Writs of Elections” avec les dates du “Nomination Day” et du “Polling Day”.