L’Institut de pédagogie de Maurice accueille depuis jeudi un colloque international sur la litéracie dans l’océan Indien. Cette rencontre entre chercheurs et praticiens des pays de la région vise à mettre en commun les résultats de leurs expériences et engager une dynamique de coopération pour combattre l’illettrisme. À la fin de cette rencontre de trois jours, les participants seront appelés à développer un plan d’action au sein de l’Observatoire régional de litéracie, en vue de rendre encore plus efficace les actions de prévention et de lutte mises en oeuvre dans chaque contexte spécifique.
Ce colloque a pour thème La litéracie dans l’océan Indien : politiques, pratiques et perspectives. Pas assez pris en considération, l’illettrisme est un problème qui frappe de plus en plus de sociétés. Une partie des jeunes et des adultes est ainsi exclue des échanges culturels et de la communication. Selon des estimations, ce phénomène touche 5 % de la population et reste donc un problème social à prendre au sérieux.
Le tour d’horizon des évaluations que propose ce colloque est destiné à fournir un éclairage pour les décideurs et les parties prenantes. Il permettra également aux experts de se décentrer pour enrichir leurs approches afin de rassembler les efforts de ceux qui travaillent dans le domaine pour mieux connaître le problème de l’illettrisme et ainsi développer les moyens pour le prévenir. La possibilité d’acquérir des compétences, indique-t-on, vient aussi d’une action commune et non du seul système scolaire.
Présent à l’ouverture de ce colloque, le ministre de l’éducation s’est appesanti sur la nécessité de venir en aide aux plus faibles. Malgré les contraintes économiques, dit Vasant Bunwaree, le gouvernement a toujours considéré l’éducation comme une priorité et consacre une part belle du budget national à ce secteur. Le ministre a aussi souligné l’importance d’avoir une action concertée pour combattre ce problème. « Le combat contre l’illettrisme est désormais transversal, mobilisant des acteurs qui ont compris depuis longtemps la nécessité du travail en concertation ». Admettant que Maurice est loin de gagner le combat contre l’illettrisme, il a énuméré les initiatives enclenchées par son ministère dans ce sens, dont une formation professionnelle qui donne aux jeunes les meilleures chances de réaliser leur insertion dans la société. Il a également salué l’approche des chercheurs qui vise à sensibiliser le lecteur à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication dans la lutte contre l’illettrisme. « Parler de prévention tout au long de la vie, c’est prendre conscience qu’il s’agit pour la famille, pour l’école et son environnement, mais aussi pour l’ensemble des acteurs sociaux et culturels, d’un véritable défi collectif. Pour réduire le taux d’illettrisme, la prévention paraît primordiale et ce tout au long de la vie ». Le colloque prend fin aujourd’hui.