Le troisième trimestre du secondaire, qui a débuté lundi, ne sera pas de tout repos pour le ministère de l’Education et les autres organismes engagés dans la mise en oeuvre du “Nine-Year Schooling”. Il leur faut en effet obligatoirement boucler les préparatifs en vue de premiers changements prévus l’an prochain en Grade 7 (Form I). Pour sa part, depuis la rentrée, l’UPSEE mobilise ses membres pour la manifestation de protestation contre les nouveaux critères pour l’admission en Lower VI, qu’elle organise le 25 août prochain à Port-Louis.
Les affichettes préparées par l’UPSEE annonçant la manifestation du 25 août sont déjà prêtes. Ce syndicat maintient que les nouveaux critères d’entrée en Lower VI représentent une « forme d’injustice » envers les élèves d’un niveau académique moyen et fréquentant les établissements qualifiés de « petits collèges privés ». La majorité des élèves de ces collèges n’arrivent pas à décrocher ce fameux « cinq crédits », et ce malgré leur assiduité aux études et l’encadrement de leurs profs. Et selon l’UPSEE, à l’avenir, les élèves ne détenant pas ce critère seront donc obligés de quitter l’école malgré leur désir de poursuivre les études de HSC. « Ki pou fer avek sa bann zanfan ki pa finn gaygn “5-credits”. Eski pou obliz zotte al dan bann lekol teknik mem si zotte pa anvi ? » s’interroge Yayah Paraouty, président de ce syndicat.
Selon les observations de l’UPSEE, ces nouvelles mesures pourront « affecter gravement » les collèges privés n’ayant pas beaucoup d’élèves en HSC et accueillant en outre d’habitude des détenteurs de “trois crédits”. Il y a un fort risque d’abolition de ces classes de HSC dans cette catégorie d’écoles. « Quand une école n’offre pas de classes de HSC, les parents préfèrent chercher d’autres écoles pour l’admission en Form I. À la longue, cette école sera contrainte à la fermeture », croient les dirigeants de ce syndicat. Et l’UPSEE de souligner qu’elle veillera à ce que les accords signés avec les autorités, s’agissant du redéploiement du personnel en cas de fermeture de collège, soient respectés. « Nou pou veye ki person pa perdi plas travay », prévient son président.
Le principal syndicat des employés des collèges privés craint aussi que le nouveau règlement pour l’admission en Lower VI ne représente une « aubaine » pour l’école payante. « Puisque l’école gratuite rejette ces enfants faibles, leurs parents n’auront d’autres solution que de se tourner vers les établissements payants, qui les accueilleront à bras ouverts. Ena big money ladan… », dit le président du syndicat.
L’UPSEE insiste sur le maintien du critère “minimum trois crédits” (décision prise par Vasant Bunwaree) tout en applaudissant les enfants arrivant à décrocher les « Five Credits at one and same sitting ». Ce syndicat soutient que d’anciens élèves « avec seulement “trois crédits” » ont réussi leurs examens de HSC et qu’ils ont par la suite entamé d’autres formations professionnelles « avec succès ». Ce syndicat fait remarquer au ministre de l’Education qu’un bon nombre d’élèves de HSC ces dernières années dans les collèges d’Etat avaient « seulement trois ou quatre crédits ». Et les dirigeants de l’UPSEE de lancer : « Doit-on comprendre que les collèges d’Etat n’accueilleront à l’avenir que des “high-flyers” ? Si c’est le cas, c’est bien triste et cela ne correspond pas à l’esprit d’ouverture et d’accueil qui doit primer au sein de l’école publique. »
Yayah Paraouty et ses amis appellent tous ceux contestant les “five credits” à participer à la manifestation syndicale prévue le 25 août à Port-Louis. Outre la mobilisation de ses membres, l’UPSEE prend contact ces jours-ci avec d’autres stakeholders, notamment des managers de collège ainsi que des représentants d’élèves et des parents.
Outre cette action de l’UPSEE, selon nos informations, d’autres formes de protestations, initiées par d’autres groupes de personnes, surgiront très bientôt. Le syndicat du personnel des collèges confessionnels fera prochainement entendre sa voix lui aussi sur cette question.  
Par ailleurs, des contestataires du nouveau règlement repoussent un argument avancé par certaines personnes dans les milieux du ministère de l’Education et selon lequel les “Five Credits” correspondraient aux exigences de la Public Service Commission (PSC) pour l’emploi dans la fonction publique. « Les objectifs, fonctions et responsabilités de la PSC sont totalement différents de ceux du ministère de l’Education », répliquent ces personnes. « On peut informer les jeunes des critères académiques de base pour l’obtention d’un job dans le service public mais on ne peut empêcher quelqu’un d’entreprendre des études de HSC parce qu’il n’a pas eu “cinq crédits”. Qui a dit que tous ceux qui continuent jusqu’à la HSC ont tous l’ambition de travailler dans la fonction publique ? » s’interrogent, non sans pertinence, ces protestataires.