Le Mauritius Institute of Education (Amendment) Bill, voté à l’Assemblée mardi, donnera la possibilité à cette institution de délivrer des « Degrees ». La Government Secondary School Teachers Union (GSSTU) se pose toutefois des questions concernant les futurs recrutements dans ce secteur. Elle se demande aussi si les personnes recrutées devront passer par le MIE en dépit des diplômes obtenus dans une université à Maurice et à l’étranger. De même, elle s’interroge sur la nature des « Degrees », qui seront proposés par l’institution, évoquant le risque d’une duplication ou d’une « usurpation de rôle ».
La GSSTU note avant tout l’intérêt qu’ont porté les parlementaires au secteur de l’éducation mardi lors des débats à l’Assemblée. Cependant, le syndicat déplore que le projet de loi soit « concentré sur le primaire ». Ce qui le mène à dire que le MIE (Amendment) Bill est un « coup d’épée dans l’eau », car les enseignants du secondaire détiennent déjà leurs diplômes universitaires. Vikash Ramdonee, président de ce syndicat, se demande également « comment les enfants sortiront gagnants » avec ces changements au MIE. De même, il est d’avis qu’il « faut faire très attention » afin que l’institut pédagogique ne vienne pas « usurper le rôle » des universités. « Le rôle du MIE est de former pour la pédagogie et de travailler sur le contenu du programme d’études. En devenant un Degree Awarding Body, le MIE proposera-t-il aussi un BSc Physics ou un BSc Maths ? Dans ce cas, ce serait usurper le rôle des universités. Que se passera-t-il également pour les nouvelles recrues déjà détentrices de leurs diplômes universitaires ? Seront-elles obligées de passer par le MIE ? Pour nous, l’institution doit se concentrer sur la pédagogie et le contenu », estime Vikash Ramdonee.
Par ailleurs, le syndicat dit constater qu’actuellement, la priorité dans le secteur de l’éducation est le Nine-Year Schooling. « Tout est fait pour permettre au ministère de mener à bien son projet de réforme. Pour cela, il faut renforcer les capacités des institutions et non le contraire. » Dans le même ordre d’idées, le syndicat est d’avis qu’il faut rétablir la Higher Qualification Incentive afin d’encourager les enseignants à la formation continue. « C’est un acquis datant de 1995, que le dernier rapport du PRB a éliminé. Au lieu d’encourager la formation, on a fait le contraire. » Une lettre à ce sujet a été adressée au Premier ministre cette semaine.
Par ailleurs, la GSSTU déplore le « cafouillage » autour de ce qui sera désormais connu comme « l’extended stream » en remplacement du prévoc. « Dans un premier temps, on nous avait dit que ce sont les enseignants du prévoc qui allaient travailler dans cette filière. Ensuite, on est venu dire que ce sont les enseignants du « mainstream » qui auront la responsabilité de ces classes. Nous avons eu des discussions avec le ministère à ce sujet. Valeur du jour, ce sont toujours les enseignants du prévoc qui enseigneront dans ces classes, avec le soutien d’un enseignant du « mainstream ». Il y aura un appel à candidatures pour cela. Si c’est ainsi, nous sommes d’accord, car il ne faut pas imposer. »
De même, le syndicat regrette qu’à ce jour, le panel pour l’élaboration des manuels de certaines matières n’ait toujours pas été constitué. « Nous sommes déjà au deuxième trimestre. Les manuels doivent être prêts pour la rentrée 2018. Quand commenceront-ils le travail ? » D’autre part, le syndicat dit avoir réclamé et obtenu six périodes pour les matières scientifiques pour les grades 7 à 9. Auparavant, le ministère avait prévu 4 classes par semaine pour la biologie, la physique et la chimie. De même, les profs enseigneront selon leurs spécialisations.
Concernant la situation à la Phoenix SSS, où les relations entre la direction et les enseignants sont tendues, le syndicat réclame le départ de la rectrice. « Les relations dans ce collège ont dégénéré. Nous demandons le départ immédiat de l’Acting Rector. D’ailleurs, cela fait 12 ans qu’elle occupe ce poste dans le même collège, alors que d’autres sont régulièrement transférés. » Vikash Ramdonee précise aussi que la personne concernée doit être transférée ailleurs comme « Vice-rector, car elle n’a pas les qualifications requises pour assumer le poste de recteur ».