La Government Teachers Union (GTU) prend position en faveur de l’intégration de l’éducation spécialisée dans le projet Nine-Year Schooling. Pour son président, Vinod Seegum, il n’y a aucune indication concrète à ce jour concernant l’inclusion des enfants souffrant d’un handicap dans le système. Il est d’avis que le ministère doit poursuivre les consultations en prenant en considération l’expérience de ceux déjà engagés dans ce secteur.
« Les statistiques ont démontré que le nombre d’enfants ayant un handicap a augmenté à Maurice. La logique aurait été que le ministère de l’Education leur accorde une considération spéciale. Malheureusement, le projet de réforme ne mentionne rien sur les “Special Education Needs” », regrette Vinod Seegum. Ce dernier souligne que la GTU soutient le projet de Nine-Year Continuous Basic Education « car le secteur du primaire n’a pas été banalisé, mais nous nous attendons à ce que le secteur SEN ne soit pas négligé non plus ». Vinod Seegum souhaite ainsi voir une professionnalisation de ce secteur. « Il y a des unités intégrées dans certaines écoles primaires. Mais où vont ces enfants quand ils terminent leur parcours scolaire ? Il n’y a aucun suivi. Certains restent enfermés à la maison pendant que les parents travaillent. »
Vinod Seegum rappelle qui avait émis le souhait que le ministère continue les consultations sur la réforme. Dans cette optique, il souhaite que les enseignants spécialisés soient partie prenante des consultations.
Selvom Mootien, représentant des enseignants spécialisés au sein de la GTU, a, lui, regretté un manque de professionnalisme dans ce secteur. Il regrette ainsi que les 73 instituteurs du primaire « on secondment » dans les unités spécialisées n’aient jamais été confirmés comme SEN Educator, malgré les recommandations du PRB depuis 2008. Il ajoute que si une solution n’est pas rapidement trouvée, l’ensemble des instituteurs demanderont leur retour vers le mainstream. « Une option que nous envisageons avec beaucoup de regrets, car nous avons à coeur le bien-être de ces enfants. »
Fort de son expérience dans ce domaine, Selvom Mootien est d’avis que, dans le cadre de la réforme, les enfants qui n’arrivent pas à s’adapter au système en dépit des classes de « remedial » doivent être canalisés vers le SEN. Il souhaite également l’élaboration d’un curriculum pour le secteur, car à ce jour, « nous utilisons les manuels du mainstream ».
De même, il souhaite la mise en place d’un plan pour le parcours scolaire de l’enfant handicapé. « La réforme vise à faire entrer tous les enfants du mainstream au collège. Au même titre, provision doit être faite pour les enfants ayant un handicap. » Selvom Mootien se dit également en faveur d’un certificat d’aptitudes pour officialiser le parcours entrepris par l’enfant.