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Elle estime que son enfant n’a pas été admis au LLB en raison d’un retard langagier.

Ayant vu sa demande d’admission en GSM au Lycée La Bourdonnais (LLB) rejetée, une famille a décidé de porter plainte au ministère de l’Education, à l’Ombudsperson for Children et à l’Equal Opportunities Commission. Elle estime que l’enfant a été lésé en raison d’un retard langagier et en dépit du fait qu’elle a suivi toutes les procédures recommandées par le lycée.

De plus, elle avance que l’enfant a passé le test d’entrée dans un autre établissement français et qu’il a été reçu à un niveau supérieur de ce qui avait été demandé au LLB.

Depuis plusieurs semaines, cette famille frappe à toutes portes pour essayer de trouver des réponses à ses questions. Dans une lettre au proviseur du LLB, en date du 1er mars, la famille explique que l’enfant, qui aura six ans cette année, est suivi par un orthophoniste car il a « un petit retard langagier ». Elle mentionne que l’enfant avait déjà fait une demande d’admission en GSM l’année dernière, qui a été rejetée. Suite à cela, elle a rencontré l’ancien proviseur, M. Cauhet, qui l’a conseillé de faire admettre l’enfant dans une école partenaire du LLB et de faire un suivi chez un orthophoniste, approuvé par lui.

La famille regrette qu’en dépit de toutes ces démarches, ainsi que d’un rapport de l’orthophoniste disant que l’enfant était apte à intégrer le GSM, la demande d’admission a une nouvelle fois été rejetée. « On ne nous a même pas donné les raisons de ce refus et l’enfant n’a pas eu l’occasion de passer le test non plus. Nous avons écrit au nouveau proviseur pour des explications, mais il n’a pas répondu à notre lettre. »

Les parents se sont alors tournés vers un autre établissement conventionné par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), où il a été reçu à l’examen d’entrée, non pas pour le GSM, mais pour le CP. Ce qui veut dire à un niveau supérieur. D’où l’argument de la famille à l’effet que leur enfant a été « victime de discrimination » au LLB. « Nous avons l’impression que notre franchise a joué contre nous. Si nous n’avions pas dit que notre enfant avait un retard langagier, peut-être qu’il aurait été admis car il avait le potentiel pour réussir l’examen d’entrée. »

De plus, disent les parents, le LLB a un plan pour enfants à besoins particuliers, qui a pour but d’offrir un encadrement spécial aux enfants ayant des difficultés. « S’il est vrai que le retard langagier a joué contre notre enfant, à quoi sert alors ce plan ? » se demandent les parents. De plus, ajoutent ces derniers, le rapport de l’orthophoniste dit que l’enfant est en progrès et qu’il pourrait rattraper son retard en peu de temps.

Sollicité sur cette affaire, le proviseur du LLB, Jean Stephan, indique qu’il ne peut faire de commentaires, « étant donné que la famille est en procédures contre nous ». Il rassure toutefois qu’il n’a jamais été question de discrimination et que cette décision a été prise pour « protéger l’enfant, car il aurait pu avoir des problèmes d’adaptation ». L’Equal Opportunities Commission mène en effet son enquête sur ce cas.

Du côté de l’Ombudsperson for Children, Rita Venkatasawmy avance avoir déjà classé le dossier. « Nous avons rencontré les parents et nous avons mené notre enquête auprès du LLB. Il nous revient ainsi que l’enfant n’a pas été admis car il aurait eu des difficultés d’intégration. Nous avons reçu également des rapports que nous ne pouvons divulguer. » Elle ajoute qu’après discussions avec les parents, il était convenu que l’enfant serait admis dans une autre école. « Ce qui explique pourquoi nous avons classé le dossier. Mais si les parents veulent la relancer, ils peuvent toujours venir nous voir. J’avais même proposé mon aide personnelle étant donné que j’ai dirigé une école spécialisée. »

Pour ce qui est du fait que l’enfant a réussi son examen d’entrée dans un autre établissement conventionné par l’AEFE, Rita Venkatasawmy souligne : « Le lycée est une institution privée, qui peut avoir une politique différente de l’autre établissement, indépendamment de la performance. J’aurais conseillé aux parents de ne pas se battre uniquement pour le lycée, mais de chercher un établissement où l’enfant s’adaptera et s’épanouira. »