Après la présentation officielle du projet de réforme de l’éducation, parents et éducateurs parlent de leurs inquiétudes. S’ils ne sont pas contre le projet lui-même, c’est le manque de précisions sur sa mise en application qui préoccupe. De son côté, le Bureau de l’Éducation Catholique relève des mesures favorables au développement intégral des enfants, mais ne s’est pas encore prononcé sur sa position concernant le concept d’Académies.
« Le Bureau de l’Éducation Catholique accueille favorablement, dans son ensemble, le plan de réforme proposé par le ministère de l’Éducation. Dans notre partenariat avec l’Éducation nationale, nous avons toujours encouragé toute mesure visant à accompagner l’enfant à chaque étape de son éducation, en veillant à son développement intégral. » C’est ainsi que Gilberte Chung, directrice du Bureau de l’Éducation Catholique (BEC), s’est exprimée par le biais d’un communiqué hier.
Les écoles catholiques, en tant que partenaire de l’éducation, feront bien parties de la réforme, mais on ne sait encore sous quelles formules. « Le BEC continue ses consultations avec ses différents partenaires et reprendra en détail le plan de la réforme NYS pour lui donner un maximum de chances de rejoindre ses objectifs. Un Mémorandum sera envoyé au ministère en temps et lieu avec l’ensemble de nos propositions en tant que partenaire de l’Éducation nationale », ajoute Gilberte Chung.
Toujours est-il que cette autorité relève des points positifs dans le projet de Nine Year Basic Continuous Schooling. Entre autres l’évaluation continue, qui constitue « une première sur le plan national »?; les “remedial units”?; le curriculum élargi avec l’introduction des non-core subjects « qui fait de la place pour des classes de communication, de technologie informatique, de créativité et d’activités ludiques »; et la flexibilité sur la durée pour ceux nécessitant de plus de temps pour acquérir les compétences.
Tout en disant apprécier la structure proposée avec trois filières – soit académies, collèges régionaux et écoles polytechniques –, le BEC s’interroge sur le terme « Centre d’excellence » utilisé pour les académies. Gilberte Chung est d’avis que si ce terme est utilisé, il faudra aussi l’appliquer aux collèges régionaux afin de respecter les différents talents et capacités des élèves. De même, elle est d’avis qu’un nombre équivalent de bourses devrait être alloué afin de reconnaître les compétences générales et techniques.
Au niveau des éducateurs, on attend également plus d’éclaircissements sur la mise en pratique de ce projet. « On a dit que les enseignants auront les formations nécessaires, notamment pour les “school based assessment”, mais on ne sait pas quand et comment cela se fera. Deux années passent vite, surtout en milieu scolaire, avec les congés », dit Tanya, institutrice du primaire.
Prakash, également enseignant et père de deux enfants, se dit lui particulièrement préoccupé par l’évaluation en Std I et l’admission au collège. « Mon fils est en Std III et ma fille est en préscolaire. En 2018, mon fils devra passer le Primary School Achievement Certificate. Comme tous les parents, je veux qu’il ait un bon collège. Or, dans la région où j’habite, à Flacq, il n’y a que le Sir Lecraz Teelock SSS comme collège d’État. Le choix sera très restreint. Je vais être obligé de le faire entrer en compétition avec les autres pour obtenir une place dans ce collège. Ou alors je devrais louer une maison dans une autre zone, où le choix est plus large. »
De même, ayant étudié la psychologie, Prakash se demande si en Grade 10 (Form IV), il est approprié de faire un enfant changer de collège et proposer la mixité, à laquelle il n’a pas été habitué. « C’est l’adolescence et c’est une mauvaise période à mon avis. »
Concernant l’évaluation proposée en Grade 1 pour déterminer si l’enfant ira dans les “remedial classes”, Prakash dit craindre la stigmatisation. « D’abord, à 5 ans, l’enfant n’a pas encore développé ses compétences. De plus, il a besoin d’une période d’adaptation. L’évaluer dès la Std I, je trouve cela un peu dur. » De même dit-il, il n’est pas approprié que de nouvelles recrues se chargent des “remedial classes”. « À mon avis, c’est un travail qui nécessite de l’expérience. »