C’était de nouveau la pagaille ce matin après l’intervention du ministre de l’Éducation à la radio. Vasant Bunwaree, qui a d’abord laissé entendre que c’était aux parents de décider s’ils devaient envoyer leurs enfants à l’école à cause des averses, a par la suite émis un communiqué selon lequel « il est fortement conseillé de garder les enfants à la maison ». Conséquences : beaucoup d’écoliers et de collégiens étaient déjà en route et les bus d’école ont dû faire demi-tour. La Federation of Civil Services and Other Unions (FCSOU) dénonce « l’irresponsabilité » du ministre.
La communication du ministre de l’Éducation à la radio était très confuse ce matin. En annonçant qu’il y aura des averses aujourd’hui mais que c’était aux parents de prendre la décision d’envoyer ou pas leurs enfants à l’école, il a provoqué un cafouillage.
« J’ai deux filles, l’une avait un test de physics aujourd’hui et l’autre une dictée de l’Alliance française. C’était difficile pour moi de prendre la décision de les garder à la maison tout en sachant qu’il y avait ces deux contrôles importants. Finalement, l’aînée est partie, mais le bus d’école a dû faire demi-tour à mi-chemin, tandis que la petite n’avait pas encore quitté la maison au moment de la deuxième intervention du ministre », raconte une mère de famille.
Du côté des enseignants, c’est également la grogne car ils ont été contraints de se rendre à l’école alors que Vasant Bunwaree a « fortement conseillé » les parents de garder leurs enfants à la maison. Pour Narendranath Gopee, président de la FCSOU, « le ministre Bunwaree a fui devant ses responsabilités ». « Dans un moment de crise, le ministre est incapable de prendre une décision et demande aux parents d’en assumer la responsabilité. Je déplore cette attitude. Il a fait preuve d’irresponsabilité envers les enfants, les parents et les enseignants. Il aurait dû être plus clair et précis sur sa position », soutient-il.
Narendranath Gopee poursuit en critiquant l’attitude du ministre de l’Éducation envers les enseignants. « En l’écoutant ce matin, j’ai eu l’impression que son plus gros problème était que les profs n’allaient pas travailler. Si c’est cela son problème, il aurait dû dire clairement, dès le départ, que tous les enseignants doivent se rendre à l’école et que les enfants doivent rester à la maison. Nous n’avons jamais demandé un jour de congé à Vasant Bunwaree. C’est à lui de venir dire sa position clairement. »
En l’absence de directive, ajoute le président de la FCSOU, les parents étaient dans la confusion totale. « Avec le système très compétitif en place, pensez-vous qu’un parent voudra garder son enfant à la maison ? »
Réaction plus mitigée du côté de la Government Teachers Union (GTU). Son président Vinod Seegum avance qu’il comprend parfaitement la démarche de Vasant Bunwaree. « Nous sommes dans une situation exceptionnelle, il n’est pas facile de prendre une décision. D’autant que c’est seulement une certaine partie de l’île qui est affectée par les averses. Je pense que le ministre a voulu afficher la prudence en étendant les recommandations à tout le territoire. »
Vinod Seegum souligne que nous sommes à un moment crucial du 1er trimestre et que des événements nationaux sont attendus, ce qui risque de perturber le travail scolaire. C’est pour cela, dit-il, que les régions qui ne sont pas affectées par les pluies doivent continuer le travail. « Généralement, quand il y a beaucoup d’absents, l’enseignant se contente de faire des révisions et n’introduit pas de nouveaux concepts. »
Toutefois, souligne le président de la GTU, dans une situation où les enfants ne viennent pas à l’école, le protocole prévoit que ce soit seulement le maître d’école et le personnel non-enseignant qui se rendent sur place. « Or, aujourd’hui, on a demandé aux profs de s’y rendre. » Vinod Seegum se dit aussi contre l’idée de faire des classes de rattrapage pendant les vacances. Selon lui, les écoles doivent s’organiser afin que le rattrapage se fasse avant.