Ouvrir l’accès au préprimaire aux enfants dès l’âge de 3 ans figure parmi les nombreux objectifs du ministère de l’Éducation. Le ministre de tutelle, Vasant Bunwaree, a l’intention de ramener l’âge de la scolarisation obligatoire à 3 ans au lieu de 5 ans. Cette mesure ne se concrétisera pas sans la révision de la loi. Le ministre de l’Éducation, qui a évoqué cette initiative lors d’un forum sur les enfants à besoins spéciaux, jeudi dernier, a aussi laissé entendre que des sanctions seront appliquées à l’encontre des parents qui ne respecteront pas la loi. Toutefois, le projet du ministre Bunwaree n’est pas sans rappeler l’amendement de l’Education Act en 2004 pour rendre l’éducation obligatoire jusqu’à l’âge minimum de 16 ans. Mais depuis la promulgation de cette loi, les mécanismes de contrôle pour accompagner celle-ci, dans le but de (i) s’assurer que les enfants en âge d’être en classe sont en effet scolarisés et (ii) combattre l’absentéisme chronique, sont plutôt «maigres». Aussi, malgré les sanctions prévues par la loi (jamais appliquées jusqu’ici), de nombreux enfants du primaire continuent à s’absenter de manière chronique. Quant aux enfants de moins de 16 ans qui ne vont pas à l’école, ils sont tout aussi nombreux. Au ministère de l’Éducation, on se veut optimiste. Des mesures à caractère social appliquées dans le primaire ont donné des résultats encourageants. Ainsi, grâce à la distribution de nourriture dans les écoles en Zone d’Éducation Prioritaire (ZEP), la présence des enfants en classe a été boostée. Les écoles du mainstream, rappelle Vinod Seegum, président de la Government Teachers’ Union, connaissent aussi la problématique de l’absentéisme. «Dans certaines écoles, les parents sont autorisés à assister à l’assemblée matinale. C’est une bonne chose, dans la mesure où les maîtres d’école peuvent en profiter pour leur passer des messages sur l’importance de l’éducation», déclare Vinod Seegum.
Au secondaire le e-register aurait, selon le ministère de l’Education, aidé à dissuader les collégiens, surtout ceux en upper secondary, à faire l’école buissonnière. Le e-register, suivi d’un système d’alerte par SMS, ne fonctionne pas toujours, notamment pour des raisons techniques et durant les périodes d’examens. Le syndicat des enseignants du secondaire public explique que, lorsque la connexion Internet ne marche pas ou s’avère trop lente, les préposés au e-register ne peuvent appliquer le système et alerter les parents. Le système d’alerte par SMS aurait fait ses preuves dans le lower secondary. Pourquoi? Parce que les plus jeunes ont peur des représailles et craignent leurs parents, explique-t-on du côté du syndicat.
Et puis, il y a l’aide sociale de Rs 750 par enfant scolarisé, aux familles nécessiteuses. Une des conditions requises pour bénéficier de ce soutien financier, est la présence quasi constante de l’enfant à l’école.
Actuellement, c’est le taux de fréquentation dans le secteur du pré-primaire qui intéresse le ministère de l’Éducation. Il est certain qu’en rendant l’éducation obligatoire à partir de 3 ans, le pourcentage d’enfant admis dans ce secteur pourrait atteindre les 100%. Selon le ministère de l’Éducation, à ce mois, près de 97% des petits Mauriciens fréquentent le préprimaire. Mais si le ministère de l’Éducation va de l’avant avec son projet, il lui faudra annexer une section préprimaire aux écoles primaires où cette structure est inexistante. «Tous les parents ne peuvent payer une école maternelle privée pour leurs enfants», insiste Vinod Seegum.