Dernier décompte avant la grande rentrée. Depuis lundi avec les achats des matériels scolaires (cahiers, livres et uniformes), il y a, comme chaque année, dans beaucoup de magasins, de longues files d’attente de parents fatigués, découragés et impatients que tout cela se termine…
Livres, sacs, chaussures, uniformes et autre matériel scolaire, voilà à quoi ressemble la liste d’achats des parents après la période festive. Au placard pétards et sapin, et place aux cartables et aux devoirs. En cette période, les parents ont peur de ne pas être prêts pour la rentrée de lundi prochain. Dans certaines librairies, c’est la panique. En effet, pour ce qui est des livres des Éditions de l’océan Indien, seuls 85% de ceux-ci sont disponibles. Alors qu’une cargaison de livres devait être livrée le 5 janvier, la livraison aurait eu du retard et ne sera là que dans dix jours. Ce désagrément crée la panique chez les autres libraires qui font, eux, quotidiennement face à des parents en colère. Yashvin Hassamal, directeur des Éditions de l’océan Indien depuis peu, explique : « La ligne maritime transportant les livres manquants a accusé un retard de dix jours et seuls 15 titres manquent au compte des autres livres déjà disponibles. » Concernant la commande, il soutient : « Elle a été passée à temps, avant même que je ne sois là. Les imprimeurs étaient déjà prêts. C’est au niveau de la ligne maritime que l’erreur a été commise. » Malgré la majorité des publications de l’EOI disponibles, le mécontentement des parents s’est quand même fait sentir.
Il est cependant bon de rappeler que, durant les années précédentes, l’EOI fournissait les livres durant la période mars/avril et que « les nouveaux propriétaires, Hassamal, ont pris un énorme risque en reprenant en main la compagnie, expliquant qu’ils auraient droit au bénéfice du doute dans cette affaire », souligne un libraire. Ahmad Sulliman, directeur des Éditions Le Printemps, dément quant à lui cette rumeur de « paralysie » qui régnerait dans les librairies. « La pénurie de livres est présente chaque année, mais elle est, comme d’habitude, sous contrôle. Nous savons ce que nous avons à faire », soutient Ahmad Sulliman. « Le problème, poursuit-il, c’est que certaines écoles ne font pas parvenir leurs listes de livres à temps, ou encore décident de changer de liste à la dernière minute s’ils trouvent de meilleurs manuels. »
Pour ce qui est des prix, la fourchette des dépenses reste inchangée à celle de l’année dernière. Yashvin Hassamal explique : « Malgré la hausse du dollar, nous essayons d’absorber au maximum le prix des manuels pour que les parents n’aient pas à débourser plus. » Ahmad Sulliman partage le même avis à ce propos et souligne que « le prix doit être juste, tout en comblant la demande ». Toutefois, les dépenses pour les élèves de Form I à III vont de Rs 2 500 à Rs 3 000 tandis que, pour la Form IV à V, ainsi que pour le HSC, et ce pour deux ans, les parents devront débourser de Rs 5 000 à Rs 6 000. Il est à noter que les dépenses dépendent aussi des matières.
Les coûts des uniformes à la hausse
Outre les manuels scolaires, le renouvellement des uniformes représente également de gros frais pour les parents. « Il nous faut au moins deux uniformes pour l’année, ce qui est quand même une grosse dépense quand on comptabilise le tout. Pour une chemise, il faut compter Rs 250 et Rs 450 pour un pantalon. L’uniforme pour les filles est de Rs 500 pour la robe et de Rs 250 pour la chemise. Sans compter les tenues sportives, dont le prix varie également. Pour mon mari et moi, ces dépenses sont difficiles à gérer parfois, car les enfants ne prennent pas toujours soin de leurs uniformes et nous n’avons pas d’autre choix que de les renouveler. Nous avons quatre enfants et plus les années passent, plus tout cela devient cher. Ils sont aussi exigeants au niveau des marques de chaussures qu’ils veulent pour aller à l’école. Une paire de baskets varie de Rs 1 200 à Rs 2 000. Je trouve que les prix des uniformes ont aussi bien augmenté depuis quelques années. De plus, avec toutes les fournitures scolaires et les frais de la PTA et de l’école, une bonne partie de notre bonus de fin d’année est consacrée pour ces dépenses », nous explique une mère de famille.
Par ailleurs, le couturier d’uniformes d’un magasin de Curepipe explique : « Il est normal d’ajuster nos prix en fonction des dépenses au niveau des tissus ainsi que pour la main-d’oeuvre. Je trouve que le prix reste correct pour des uniformes qui peuvent être utilisés plus d’une année si les enfants ne les abîment pas. »
Chez Jinchy Style, à Port-Louis, le stock d’uniformes diminue à vue d’oeil. Alison, employée du magasin, explique que « dès l’ouverture, il y a la queue, et ce jusqu’à 17 h ». Elle précise également qu’un complet varie de Rs 400 à Rs 700 et qu’en cas de rupture de stock, ce n’est qu’après trois jours que celui-ci peut être renouvelé. « Chaque année, nous conseillons aux parents de venir acheter les uniformes dès le mois de décembre, mais il y a toujours quelques personnes qui le font à la dernière minute et cela vient créer un “rush”. » Cependant, la jeune fille nous informe que le prix des uniformes, durant les cinq dernières années, a connu une légère augmentation, mais rien d’alarmant.
Les livres en retard des EOI
Suite à des retards de la ligne maritime, qui sont hors du controle des Éditions de l’Océan Indien (EOI), les livres de classe qui auraient dû être disponibles en ce moment le seront le 18 janvier prochain. La majorité des publications des EOI sont déjà disponibles en librairie.