Le ministère de l’Éducation enclenchera-t-il son projet de réforme du CPE cette année ? Pour beaucoup dans le secteur, cela s’annonce plus difficile que prévu. Cependant, d’autres, à l’instar de la General Purpose Teachers Union, sont d’avis que des décisions importantes doivent être prises cette année afin de marquer un tournant dans l’éducation au primaire. De son côté, la Government Teachers Union est d’avis que 2013 doit être l’année des consultations pour une vraie réforme.
Comme chaque année, le Certificate of Primary Education (CPE) monopolise l’attention dans le secteur primaire. La refonte tant attendue du CPE tarde à se concrétiser malgré les ateliers organisés à chaque fin d’année. Plusieurs propositions ont été faites en 2012 par les comités mis en place pour réfléchir sur la réforme. Parmi, citons l’application du contrôle continu, avec un examen en option, pour ceux souhaitant être admis dans les collèges nationaux.
Pour Ashik Junglee de la General Purpose Teachers Union (GPTU), 2013 doit marquer un tournant dans le domaine d’éducation. « Cela fait des années que nous réclamons une réforme pour rendre le système plus humain et adaptable aux enjeux nationaux et internationaux. Les professionnels ont déjà travaillé un plan d’ensemble, toutefois, nous souhaitons que la politique ne s’y mêle pas et fasse tout capoter ».
Ashik Junglee, qui a collaboré aux cinq comités mis en place dans le cadre du CPE Review, est d’avis que le nouveau programme devrait permettre aux enfants de devenir des citoyens à la fois éduqués, cultivés et responsables. « Il faut en finir avec l’élitisme une fois pour toutes. C’est pour cela que 2013 doit être l’année des grandes décisions ».
Toutefois, malgré sa participation aux comités, Ashik Junglee regrette qu’il n’y ait pas eu de discussion formelle sur le système de sélection. « On propose un examen optionnel pour l’entrée dans les collèges nationaux, mais le concept même de l’examen est dépassé de nos jours. Nous parlons de plus en plus d’évaluation des compétences. Cela permet de canaliser l’enfant vers une filière où il pourra renforcer ses compétences ».
La réforme, ajoute Ashik Junglee, devra se faire avec la collaboration des parents. « Il faut une campagne d’information et de formation. Les parents ont eux-mêmes été formés dans notre système archaïque, ils risquent de réagir négativement à tout changement ».
De son côté, Vinod Seegum de la General Teachers Union est d’avis que les propositions de réforme comportent des idées assez farfelues. « Il est question, par exemple, que le français soit considéré comme une langue secondaire. C’est une vieille idée que nous avons déjà combattue. Dans le monde actuel, comment peut-on accepter que le français soit considéré comme secondaire ? »
De même, Vinod Seegum se dit sceptique sur la question de continuous assessment. Selon lui, cet exercice risque d’être bias, si on demande aux enseignants d’évaluer les compétences d’un enfant sans examen. « Un examen sert de référence. Il peut également permettre de prouver ce que l’enfant a réalisé. Or, avec le continuous assessment, les enseignants risquent d’avoir des problèmes avec les parents ».
De même, la canalisation des repeaters vers le prévocationnel se fait de manière trop brusque selon le président de la GTU. « On aurait dû mieux préparer cette option avant de l’appliquer ».
Concernant la situation des professeurs, Vinod Seegum considère dommage que le ministère ait décidé de transférer 85 enseignants vers les filières kreol, SEN et Sankore. Ce qui oblige alors les DHT à quitter leur rôle administratif pour les remplacer en classe.
Par ailleurs, Vinod Seegum dit attendre un dénouement positif dans la requête des enseignants du primaire pour un salaire égal au secondaire. De même, il souhaite qu’une solution soit trouvée concernant l’enseignement de l’ICT, afin de permettre aux General Purpose Teachers de souffler un peu.