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  • DHTU : la grande majorité des chefs d’établissement du primaire sont des Acting Head Teachers et ne sont pas éligibles pour faire acte de candidature

Alors qu’il y a déjà un manque d’effectif dans l’inspectorat du primaire, le ministère de l’Éducation aurait beaucoup de mal, selon la Deputy Head Teachers Union (DHTU), à remplir les postes d’inspecteur. D’après les règlements, la sélection est faite parmi les chefs d’établissement du primaire ne comptant pas moins de trois ans d’expérience comme Head Teacher. Or, si jamais le ministère décidait de recruter dans l’immédiat des inspecteurs, la grande majorité des chefs d’établissement, selon le syndicat, ne pourraient pas postuler car étant des Acting Head Teachers et ne répondant pas donc au critère relatif aux trois années d’expérience comme maître d’école.

Les candidats au poste d’inspecteur doivent d’abord passer un entretien d’embauche mené par la Public Service Commission. La nouvelle direction de la Deputy Head Teachers Union, en poste depuis le mois dernier, attire l’attention sur le fait que depuis quelques jours, il y a un manque de postulants pour ce poste à cause du critère spécifiant « at least three years of experience as Head Teacher ». Selon ce syndicat, à ce jour, à l’exception de six Mentors encore en service et qui sont éligibles pour faire acte de candidature, la quasi-totalité des autres Officers in Charge ne répond pas à ce critère. On compte un peu plus de 250 établissements primaires du gouvernement dans le pays. « Pour le moment, il n’y a aucun maître d’école éligible pour faire acte de candidature et c’est un problème sérieux », a affirmé le président de la DHTU, Sunil Jhugroo. Et ce dernier d’ajouter que les rares Head Teachers en poste avec tout juste « trois ans d’expérience » ne sont pas loin de l’âge de la retraite et seraient « peu intéressés par le poste d’inspecteur ».

L’inspectorat joue un rôle important pour le bon fonctionnement du système primaire, selon Sunil Jhugroo. « Les inspecteurs font le lien entre l’école et le ministère. Ils sont là pour veiller au bon encadrement des enfants à tous les niveaux, mais assurent aussi l’inspection pédagogique qui est importante dans la qualité de l’enseignement. Mais il y a un manque d’inspecteurs dans les quatre zones d’éducation et en raison de ce manque d’effectif, les inspecteurs ne passent pas beaucoup de temps dans les écoles qu’ils visitent. Cela a des répercussions sur l’inspection pédagogique » constate Sunil Jhugroo.

La DHTU demande un renforcement de l’effectif d’inspecteurs. Face au problème de manque de prétendants, ce syndicat suggère au ministère de revoir les critères de candidature « afin de permettre aux assistants maîtres d’école ayant plusieurs années d’expérience dans l’enseignement et dans l’administration des écoles de postuler ». Selon les dirigeants de ce syndicat, il y a un grand nombre de Deputy Head Teachers qui agissent comme « Officer in Charge des écoles » et qui « ont une bonne connaissance de tous les aspects de l’administration des écoles. « Ce sont ces personnes qui répondent tous les jours à toutes les “queries” du ministère. Pourquoi ne pas leur permettre de postuler pour le poste d’inspecteur ? » se demande le président de la DHTU.

D’autre part, ce syndicat d’assistants maîtres d’école trouve qu’il est temps de faire avancer l’idée de la création d’un “Educators Council” dont on entend parler depuis plusieurs années. « C’est dans l’intérêt de la profession d’avoir ce Council et la DHTU commencera à son niveau une réflexion avec ses membres sur la question », conclut-il.