À quelques jours de la rentrée, la colère gronde parmi les enseignants concernés par le transfert. Si certains ont été casés à leur satisfaction dans les « star schools », d’autres s’élèvent contre des « traitements de faveur ». Les protestataires dénoncent les « pressions » exercées par la Government Teachers Union (GTU) pour la considération de ses membres. Ce que dément son président, Vinod Seegum, qui souligne avoir porté plainte à l’ICAC contre un cas de conflit d’intérêts « sans précédent » au comité de transfert.
Il a fallu attendre la fin décembre pour que les enseignants reçoivent leurs lettres de transfert. Dans les milieux concernés, on avance que cet exercice a été retardé par les « pressions et conflits » à l’intérieur même du comité de transfert. Outre les représentants du ministère de l’Éducation, celui-ci regroupe les différents syndicats du secteur. « Mais les rivalités syndicales font que, chaque année, il y a des conflits. Chacun veut imposer sa propre liste », dit une source proche du dossier. Pour l’exercice 2015, il nous revient, dans les milieux du ministère, qu’un « “screening” profond avait été fait afin que cet exercice soit le plus professionnel possible » mais que « tout a été chamboulé ». Certaines personnes accusent ainsi la GTU d’avoir fait pression pour « caser ses membres dans les meilleures écoles ». Ce que dément Vinod Seegum, son président. « Année après année, ce sont les mêmes allégations. En deux occasions, nos détracteurs ont eu recours à l’ICAC et, finalement, on n’a pu prouver que la GTU était coupable de corruption. Pourquoi accuser la GTU, alors que c’est le ministère qui rédige et signe les lettres de transferts ? » demande-t-il. Et de poursuivre : « Le ministère, et surtout les inspecteurs qui faisaient la pluie et le beau temps, n’ont pas digéré que la cour nous donne le pouvoir de siéger au comité de transferts. » Vinod Seegum précise que, pour l’exercice 2016, la GTU a soutenu le transfert de sept membres de la General Purpose Teachers Union (GPTU), « un syndicat opposé », dans une « star school ». « En revanche, je me suis farouchement opposé à un cas de conflit d’intérêts flagrant impliquant un membre de la Deputy Head Teachers Union. Ce dernier étant présent dans le comité, il ne pouvait négocier son propre transfert vers une “star school”. J’ai même alerté l’ICAC à cet effet. »
Vinod Seegum dit être également intervenu auprès de ses membres pour qu’ils acceptent leurs transferts dans des écoles peu cotées. « Malgré cela, il y a toujours un vide dans certaines écoles de l’Ouest. À La Gaulette, par exemple, il manque encore trois enseignants à quelques jours de la rentrée. »
Le résultat de ces conflits et pressions concernant le transfert est que les maîtres d’école n’arrivent pas à finaliser l’allocation des classes. Un maître d’école de l’Ouest confirme : « Il manque encore des profs. Nous ne pouvons allouer les classes tant que nous n’avons pas la liste complète des enseignants. »