Alors qu’elle est appelée à jouer un rôle important dans la mise en oeuvre du “Nine-Year Schooling”, la Quality Assurance and Inspection Division du ministère de l’Education, mise en place pourtant depuis plusieurs années, peine à trouver ses marques. Ses deux “drafts proposals” pour un Quality Assurance and Evaluation Framework à l’usage de Quality Assurance Officers n’ayant pas fait l’unanimité parmi les Stakeholders, le ministère s’attelle à une troisième version de ce manuel des procédures… En attendant, ces derniers assurent une inspection pédagogique uniquement dans les collèges d’Etat, et où d’ailleurs ils ne sont guère les bienvenus pour diverses raisons. En revanche, pas d’entrée pour eux dans les collèges privés en attendant le “framework”.
Un petit retour en arrière s’impose d’emblée. Il y a eu d’abord un inspectorat national, datant de la période où Steven Obeegadoo était ministre de l’Education. Cet inspectorat a été vite mis en veilleuse en raison de la forte contestation dans les collèges d’Etat et privé. Lorsque Dharam Gokhool entre en fonction, l’inspectorat national devient la Quality Assurance Unit. Le ministère établit alors un “scheme of service” pour les officiers en poste et démarre les inspections dans les collèges d’Etat. Son successeur, Vasant Bunwaree, recrute un Director et 16 Quality Officers pour cette unité.
Aujourd’hui, le personnel de la Quality Assurance and Inspection Division, placée sous la supervision du Chief Technical Officer de l’Education, se compose d’une assistante directrice et de 19 Quality Assurance Officers. Le ministère avait lancé en septembre dernier un appel à candidatures pour le poste de Director pour cette Quality Unit, mais, selon nos informations, le ministère n’aurait trouvé personne parmi les quatre postulants « suitable for the post »…
Au départ, il était question que la Quality Assurance and Inspection Division fasse un audit de plusieurs aspects faisant partie de la vie des écoles (enseignement, infrastructures, administration, procédures…). « Cette unité n’a jamais pu démarrer comme il faut et a, en outre, dévié de sa fonction », affirment des profs et des directeurs de collège.
« On ne les aime pas ! » entend-on dans les collèges d’Etat. Et les propos des enseignants, en parlant de la visite des Quality Assurance Officers (QAO), ne sont pas élogieux. Nos enseignants seraient-ils réfractaires à toute idée de contrôle ? « Pas du tout ! » réplique Ally Yearoo, président de l’Education Officers Union. « Comme tous les secteurs professionnels, il est bon d’avoir un contrôle. Mais cette vérification ne doit pas être faite au petit bonheur. Toutes les parties concernées doivent être d’accords sur quoi devrait se porter ce contrôle, sur les personnes qui doivent le faire et sur ce que doit être sa finalité », poursuit Ally Yearoo. Le ministère a bien du mal à finaliser le Quality Assurance and Evaluation Framework attendu par les Stakeholders du secondaire. « Les Stakeholders ne sont d’accords sur plusieurs points dans les deux “drafts” proposés par le ministère. Nous avons soumis nos propositions au ministère depuis mai de l’année dernière et on attend toujours leur réponse », indique Ally Yearoo.
En attendant, les 19 Quality Officers doivent mériter leur salaire. C’est ainsi qu’en équipe de quatre, ils font la tournée des collèges d’Etat pour faire une inspection pédagogique. Mais cet exercice soulève pas mal de critiques dans les écoles. Dans une lettre au ministère de l’Education au début de ce trimestre, l’Education Officers Union dénonce la « negative attitude » de ces « towards the teaching staff ». Des profs reprochent aussi à ces officiers de l’Assurance-Qualité leur « manque de connaissance dans un grand nombre de matières » sur lesquelles porte leur contrôle.
« Educators have complained that those making class visits are very often not subject specialist of the class they visit. This would imply that they may tender wrong pedagogical advice to the Educators or make wrong assessments of the teaching methodology and this will surely increase the frustration of Educators and demotivate them instead of motivating them », dit ce syndicat dans cette lettre au ministère. Soulignons que ces officiers sont tous d’anciens profs du secondaire comptant pas moins dix ans d’expérience dans l’enseignement et sont détenteurs d’un Masters.
Ces remarques syndicales n’ont pas laissé indifférents ces Quality Officers car certains d’entre eux se contentent à présent de ne contrôler l’enseignement que dans les matières dans lesquelles ils sont spécialistes. « Les conseils pédagogiques de quelques-uns dans les matières qu’ils connaissent sont très appréciés de nos membres », précise Ally Yearoo. Les profs des collèges d’Etat ne sont pas aussi d’accords sur le fait que ce soit les chefs d’établissement qui choisissent les classes devant faire l’objet d’une inspection pédagogique. « Il y a un risque que les recteurs utilisent l’inspection pédagogique pour régler leurs comptes avec les profs avec qui ils ont des différends. »
En revanche, le secondaire privé est à l’abri de ces inspections pédagogiques. Cette question a été longuement discutée lors d’une réunion le 10 mai dernier entre les cadres du ministère et le syndicat des profs des collèges confessionnels. « The Ministry will send a proposed copy of the handbook of procedures for Quality Assurance and Inspection Exercise to the Union. Until and unless such a consensus is reached, no visits of Quality Assurance Officers will take place in our schools », écrit ce syndicat dans une lettre envoyée à tous ses membres durant la semaine écoulée.
Par ailleurs, des enseignants voudraient bien connaître, disent-ils, le « constat » de cette Quality Assurance and Inspection Division sur la qualité de l’enseignement dans les collèges d’Etat depuis que l’inspection pédagogique a débuté, en 2009. « Ces officiers ont-ils produit des rapports et, si oui, pourquoi ne les rendent-ils pas publics ? » questionnent des profs, avec une pointe d’agacement.