Les enseignants seconded for duty dans les écoles spécialisées contestaient le fait de ne pouvoir postuler comme SEN Educator auprès de la Service Commission. N’ayant pu trouver une solution à ce niveau, ils comptent s’en remettre au Premier ministre. Le poste de SEN Educator, nouvellement créé, est une recommandation du rapport du PRB de 2008. Toutefois, ceux qui travaillent déjà avec les enfants handicapés ne peuvent y postuler en raison d’un critère les excluant. Ils s’estiment « lésés » et veulent faire entendre leur voix.
En faisant appel à la Service Commission, les enseignants des écoles primaires du gouvernement, seconded for duty dans des unités spécialisées, espéraient trouver une solution au litige les opposant au ministère de l’Éducation. Mais ce dernier est resté sur sa position et compte recruter de nouveaux SEN Educators.
Selon le principe des enseignants seconded for duty, ceux-ci ont accepté de quitter le mainstream pour se mettre au service des enfants handicapés dans les écoles spécialisées. Toutefois, ils peuvent être rappelés quand le ministère de l’Éducation aura besoin d’eux. Ce que les enseignants seconded for duty ont déploré devant le comité du PRB 2008, car ils estimaient avoir déjà acquis les compétences nécessaires pour travailler dans les écoles spécialisées.
À la suite de ces représentations, le rapport du PRB 2008 a recommandé la création du poste de SEN Educator. La section 40.2 du rapport mentionne : « We recommend that appointment to the grade of Educator SEN should be made among Educators (Primary) reckoning at least four years’ experience in a substantive capacity and possessing the diploma (Special Education Needs). »
Cependant, de nombreux enseignants seconded for duty n’ont pu suivre la formation recommandée, en l’occurrence le Diploma SEN, car ils ne possédaient pas deux A-levels comme le stipulent les règlements du Mauritius Institute of Education (MIE). La conséquence est qu’une cinquantaine d’enseignants ne peuvent être candidats pour le poste d’Educator SEN pour lequel ils s’étaient battus.
Selon le secrétaire de la Government Teachers’ Union (GTU), Salim Choolun, porte-parole des enseignants, le président de la Service Commission s’est montré très compréhensif à leur égard, mais le ministère de l’Éducation a campé sur sa position. « La seule option est d’aller en cour. Mais avant d’entreprendre une telle démarche, nous voulons engager le dialogue. Nous avons écrit une lettre au ministre de l’Éducation pour lui demander une rencontre. Si aucune solution n’est trouvée, nous ferons appel au Premier ministre. »
De leur côté, les enseignants seconded for duty se demandent si les personnes qui seront recrutées pour le poste de SEN Educator auront les quatre années de service, comme recommandé par le PRB 2008. Ils se demandent également si les nouveaux diplômés maîtrisent correctement la langue des signes mauricienne et le braille et s’ils ont été formés pour cela par le MIE.