Deux ressortissants indiens, Manishkular Knatilal Brahmbhatt, 40 ans, directeur de marketing, et Shexta Sharma, âgée de 33 ans, directrice de Dimension International Education Limited, basée à Pamplemousses, ont été placés en état d’arrestation ce matin. Ils ont été dénoncés au poste de police de Terre-Rouge par un groupe d’étudiants venus du Népal, se disant victimes d’arnaques de cette institution de formation dans le domaine de l’Hospitality Business.
Comme cela est le cas avec l’Oceana IBS Mauritius avec pour victimes une vingtaine de jeunes du Népal et de l’Inde, ils affirment que les responsables de cette institution avaient fait miroiter des offres d’emplois à Maurice avec des salaires de l’ordre de Rs 70 000 par mois à peine après six mois de cours dans le domaine du tourisme et de l’hôtellerie. Aujourd’hui, ces étrangers se retrouvent sans le sou et également sous le coup d’une expulsion vu que leurs visas de séjour à Maurice devraient arriver à terme très prochainement.
Les deux directeurs indiens de Dimension International Education Ltd, qui logent à Grand-Baie depuis leur arrivée ce matin, ont été appréhendés très tôt dans la matinée suite à des dépositions consignées contre eux par des ressortissants du Népal, enregistrés en tant qu’étudiants de cette institution de formation. Au cours de cette enquête sous la supervision de l’assistant commissaire de police responsable de la Northern Division, l’ACP Devanand Reekoye, les deux suspects subissent des séances d’interrogatoire serré depuis ce matin et pourront être inculpés provisoirement du délit d’escroquerie.
Compte tenu des aspects complexes de cette affaire avec des analyses forensic des ordinateurs et fichiers informatiques et des connexions internationales de cette affaire, le dossier d’enquête pourrait être confié d’ici la fin de la semaine au Central CID.
L’attrait le plus important de l’annonce publiée au Népal est que les étudiants de cette institution devaient se voir offrir des possibilités d’embauche dans le secteur hôtelier avec des salaires de Rs 70 000 par mois à peine après six mois de cours. Ces Népalais n’ont nullement hésité à payer à l’avance les fees réclamés, soit environ 500 euros par mois pour une période initiale de six mois, une somme de Rs 5 000 (argent du Népal) et des transferts de devises de 2 430 euros par étudiant à un compte spécial dans une banque commerciale à Maurice.
Aussitôt ces paiements effectués, le groupe d’étudiants népalais est arrivé à Maurice le 29 juin dernier. Ils furent placés en hébergement à la Bayside Lodge à Grand-Baie au lieu de l’Hostel de la Dimension International Education Ltd comme promis dans les brochures. Après cette première déception, d’autres problèmes devaient surgir, notamment en ce qui concerne le coût de l’hébergement.
Les conditions étaient que chaque, étudiant étranger devait payer 75 euros par jour pour la chambre et les repas. Une fois à Maurice, le tarif a doublé pour passer à 150 euros. Cela devait mettre les Népalais dans une situation embarrassante. Ils furent forcés à signer des contrats au sujet de la tenue des cours et des conditions d’hébergement en date du 1er juillet dernier sous la menace de rapatriement sur le champ au Népal.
Menaces et chantage
Dans leurs dépositions, ces étudiants accusent les responsables de la Dimension International Education Ltd de les avoir dupés et sont également critiques quant au niveau et à la qualité des cours prodigués. De par les premiers contacts établis avec les milieux hôteliers à Maurice, ils se sont rendu compte que la promesse d’emploi avec des salaires de Rs 70 000 par mois à partir de décembre prochain constitue un véritable attrape-nigaud et demandent aux autorités d’ouvrir une enquête au pénal dans cette affaire.
D’autre part, au cours de la semaine dernière, la presse nationale indienne a fait état d’un autre cas avec une vingtaine d’étudiants du Népal et de l’Inde pris au piège avec quasiment le même scénario de cours en hôtellerie à Maurice et de promesses d’emplois dans ce secteur. L’institution ciblée est l’Oceana IBS Mauritius pour des cours de “Food Production Culinary Arts” alors que cette institution de formation n’est pas reconnue par la Mauritius Qualification Authority (MQA). Ces étudiants ont encouru des frais de cours jusqu’à hauteur de 7 000 euros contre la promesse d’un diplôme en hôtellerie, reconnu en Grande-Bretagne.
Dans des déclarations à la presse en Inde, ces étudiants affirment qu’ils font l’objet de menaces et de chantage de la part des responsables de cette institution pour se taire alors qu’ils se retrouvent sans le sou. « Besides, without any delay, they were told by the institution to report for an unpaid work at well known resort hotels. Some of them had to work in the front office of these hotels while some in the bar and restaurants, and many others did washing-up work in the kitchen. These depressing moments of fraud with fake promises has broken the students completely and replaced their enthusiasm with anger. Now all that they want is to get back their money and return home », lit-on dans la presse indienne. Le haut commissariat de l’Inde à Maurice a été saisie de cette affaire depuis la semaine dernière de même que le ministère des Affaires étrangères à Port-Louis.