Huit jours après l’injonction de l’University Grants Commission de l’Inde réclamant la fermeture de tous les Offshore Campus Centres de l’Eastern Institute for Integrated Learning in Management (EIILM) de l’Etat du Sikkim, la Tertiary Education Commission (TEC) réunit depuis ce matin son board pour passer en revue la situation. Les indications préliminaires sont que la sortie de crise pour cette université privée opérant un campus à Ebène s’annonce délicate à moins d’une plus grande flexibilité de la part de l’UGC de l’Inde. Cependant, dans le camp des parents d’étudiants mauriciens, l’impatience monte crescendo en l’absence de toute communication officielle que ce soit de la TEC ou du ministère de l’Education tertiaire au sujet de leurs préoccupations. La direction d’EIILM University (Branch Campus Mauritius) s’apprête à animer en début d’après-midi une séance de travail avec les étudiants en vue de les rassurer sur l’avenir de l’institution.
Au QG de la TEC à Réduit, les tentatives en vue d’obtenir des éclaircissements sur la crise qui secoue l’EIILM University à Ebène de même que quatre autres instituts d’éducation tertiaire affiliés à des universités en Inde se heurtent à un véritable mur de silence. « Nous communiquerons en temps et lieu », n’a cessé de répéter ce matin la Public Relations Practitioner de la TEC, Anjuli Bajnath, suite aux interrogations du Mauricien au sujet des décisions à venir.
Des sources bien renseignées affirment que depuis 8 heures ce matin, les membres du conseil d’administration de la TEC sont en réunion d’urgence pour décider du sort de l’EIILM University de Jeetah Trust. Le principal dossier à l’agenda reste la correspondance adressée au vice-chancelier de l’EIILM Sikkim par l’University Grants Commission de l’Inde, qui peut être consultée sur le Website de cette commission depuis vendredi.
L’UGC a formulé cinq demandes précises, dont « immediately discontinue all the courses run under distance mode in the country and abroad as these courses are run without the approval of UGC and DEC » et également « immediately close down all the off-campus centres, off-shore campus centres, study centres and franchisee centres as these are established without the approval of UGC ».
La correspondance signée du secrétaire de l’UGC, A.K. Dogra, est encore plus accablante pour l’EIILM University (Mauritius Branch). Elle remet en cause tout le système de validation des diplômes universitaires sanctionnant des études sur le campus d’Ebène. « Private universities being unitary in nature cannot affiliate any college or institution for conducting courses leading to an award of its diplomas, degrees or other qualifications. Further, no Private University can offer its programmes through franchising arrangements with private coaching institutions or other private parties even for the purpose of conducting course through distance mode », fait-il également comprendre à ce sujet.
Salim Muthy, le porte-parole des parents d’étudiants de l’EIILM University d’Ebène soutient que la TEC ne dispose pas d’une grande marge de manoeuvre face aux exigences formelles de l’UGC. « Soit la TEC décide de la fermeture temporaire du campus d’Ebène, le temps que les discussions entre les autorités compétentes soient engagées soit la TEC décide d’allouer des Awarding Powers à l’EIILM University (Mauritius Branch). Néanmoins, en ce qui concerne cette dernière option, toute la question de la reconnaissance des diplômes émis par cette université devient encore plus pertinente », souligne-t-il avec force.
« Devant la tournure des événements, nous sommes de plus en plus inquiets de la situation. Tout ce que nous voulions savoir des promoteurs de cette université est s’ils sont dans la légalité. Je dois dire que jusqu’ici, les membres du Jeetah Trust ne nous ont nullement convaincus et nous nous donnons jusqu’à lundi en vue de décider de la marche à suivre pour forcer les autorités à prendre des décisions », ajoute Salim Muthy.
Dans des milieux officiels, l’on avance que l’un des moyens en vue de sortir de la crise est d’amener les responsables de l’University Grants Commission à faire preuve d’une dose de flexibilité dans la conjoncture en vue d’élaborer un Modus Operandi. C’est dans cette optique qu’est placée l’intervention du haut-commissaire de l’Inde à Maurice, K.P. Seetharam, auprès du Higher Education Secretary de l’Inde en vue tirer au clair le litige au sujet de l’EIILM University et quatre autres universités indiennes avec des filiales à Maurice.
Pour sa part, Sunil Jeetah persiste et signe en faisant comprendre aux parents d’étudiants du campus d’Ebène que « l’UGC est un bouledogue sans dents ». Il compte rencontrer les étudiants en début d’après-midi dans le cadre de sa campagne d’explications alors que très peu d’indications avaient transpiré des délibérations du conseil d’administration de la TEC.