Depuis ce matin, la Tertiary Education Commission (TEC), qui se trouve au centre de la controverse avec la reconnaissance des diplômes émis par au moins cinq universités indiennes installées à Maurice, est de nouveau opérationnelle à plein régime. En effet, le nouveau Executive Director, le Pr A.K. Bakhshi, ancien vice-chancelier de la Rajarshi Tandon Open University de l’Inde, a pris ses fonctions. Aussitôt qu’il aura débarqué au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport, il s’est rendu au siège de la TEC à Réduit pour établir les premiers contacts avec ses plus proches collaborateurs. C’est ce qu’ont indiqué des sources confirmées à la TEC dans la matinée.
Depuis vendredi dernier, le Pr Bakhshi s’est libéré de ses anciennes responsabilités à la tête de cette Open University en Inde suite à une cérémonie officielle de handing over à son successeur. Confirmant l’imminence de son départ pour Maurice, il a déclaré au quotidien national Times of India que sa nomination à la tête de la Tertiary Education Commission (TEC) de Maurice constitue une véritable source de fierté. Ce professeur d’université, spécialisé en Chimie, trouve que son expérience académique et son passage à la tête à la seule Open University de l’État de l’Uttar Pradesh l’auraient aidé à faire la différence avec les autres candidats.
« It is a matter of pride that an Indian national has been selected to head TEC. Wherever I may serve, I will do my best to serve the cause of education », a soutenu le Pr Bakhshi au Times of India, qui rappelle que la TEC supervise pas moins de 70 institutions académiques dans le tertiaire à Maurice, dont l’Open University de Maurice.
« Le nouveau Executive Director de la TEC est bien en poste. Il est arrivé à Maurice ce matin. Il faut lui accorder le temps de prendre ses marques parce qu’il est non seulement nouveau au sein de cette institution mais également à Maurice. Dans une semaine, il devra être en mesure de faire des commentaires sur ses fonctions », a déclaré au Mauricien une source officielle à la TEC. Dans un premier temps, le Pr Bakhshi établira des contacts avec des membres du conseil d’administration de la TEC de même qu’avec les membres du personnel de la Commission pour une initiation aux procédures en place, aussi bien qu’avec les représentants du ministère de tutelle. Subséquemment, il multipliera ses échanges avec des interlocuteurs dans le secteur de l’éducation tertiaire, dont l’Université de Maurice et de l’University of Technology dans le public aussi bien que ceux dans le privé.
Toutefois, force est de constater que le dossier des relations avec des institutions opérant des campus à Maurice sous l’égide d’universités indiennes constituera la priorité des priorités, surtout dans le sillage des dernières directives de l’University Grants Commission (UGC) de l’Inde. Pas moins de cinq universités indiennes avec des filiales installées à Maurice, dont l’Eastern Institute of Integrated Learning and Management (EIILM) (Mauritius) et la Mauras School of Dentistry, se trouvent en situation de délicatesse par rapport à la teneur de ces consignes de l’UGC en date du 4 septembre.
Les représentants de ces institutions mauriciennes liées par des accords conclus avec des universités indiennes contestent l’adoption des directives de l’UGC. Cette dernière commission soutient qu’à aucun moment elle n’a donné le feu vert pour les opérations de ces Offshore Campus Centres et pour des formules de franchise universitaire. Ils maintiennent que leurs institutions tertiaires sont reconnues par la TEC et n’ont aucune obligation à se soumettre aux critères de l’UGC.
Jusqu’ici, le dossier est resté en suspens et les responsables de ces instituts ont été sommés de régler leur affiliation avec les universités mères en Inde vu que la question la plus importante demeure la reconnaissance et l’équivalence des diplômes sanctionnant des années d’études dans ces universités à Maurice.
De par son expérience dans le monde universitaire en Inde et ses dealings avec l’University Grants Commission de l’Inde au chapitre du distance learning, le Pr Bakhshi sera appelé incessamment à prendre des décisions à ce sujet d’autant plus qu’avec la prochaine rentrée parlementaire, il faudra s’attendre à un véritable barrage d’interpellations de l’opposition au sujet de ces institutions tertiaires, dont l’EIILM de la famille Jeetah.