La vice-chancelière de l’Université de Maurice, Romeela Mohee, est au centre d’une grave crise qui secoue le campus du Réduit sur fond de retournements de veste spectaculaires. Dans la conjoncture, la question qui se pose est de savoir si la VC dispose de l’autorité nécessaire pour mener à bon port cette institution, qui vient de fêter ses 50 ans sans compter le 100e anniversaire de la faculté d’Agriculture. Tout a commencé avec une histoire de « Lecturers marrons », qui travaillent au noir pour d’autres institutions universitaires.
Trois lecturers, considérés comme des proches de la VC de l’Université de Maurice, donnaient également des cours à l’Amity University d’Ebène depuis janvier 2014 et cela sans l’autorisation officielle au terme du statut 17 (6) de l’University of Mauritius Act. Jusque-là, tout se passe sans encombres, mais voilà que circulent les premières dénonciations. Avec la première incursion des limiers de l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), les explications fournies officiellement sont que tout est dans les règles avec le feu vert des autorités universitaires soi-disant obtenu.
Fort de cette garantie, le président de l’Union of Mauritius Academic Staff Union, le Pr Kavi Khedo, se fend d’un communiqué pour dénoncer les délateurs et prendre fait et cause pour les trois chargés de cours dénoncés. « As part of the allegations, it has been reported that three academics have been lecturing outside the university without having sought permission from the VC to do so. The UMASU was informed that approval had been obtained for same as per existing procedures », fait comprendre le président du syndicat en s’attaquant frontalement aux auteurs de ces dénonciations.
Mais depuis le début de la semaine écoulée, avec des enquêteurs de l’ICAC procédant à la saisie d’une série d’ordinateurs et de dossiers à l’Université de Maurice en vue de confirmer si les procédures ont été suivies, la version officielle devait subir d’importants changements par rapport à l’autorisation. L’Université de Maurice soutient qu’à aucun moment, ces trois chargés de cours n’ont été autorisés à assurer des cours chez Amity.
Alors qu’initialement il avait été question que les demandes étaient restées au fond d’un tiroir, la nouvelle séquence est que la VC n’a fait qu’inscrire « Noted » sur ces lettres en date du 8 octobre 2015, alors que les demandes remontaient à janvier 2014. Devant les développements dans l’enquête de l’ICAC, la VC de l’Université de Maurice a cru nécessaire dans une lettre du 8 février 2016 de souligner à l’attention du président de l’UMASU que « it has come to my knowledge that UMASU has on 29/01/16 issued a mise au point regarding alleged malpractices. I wish to draw your attention in particular to the part where it is mentioned that you were informed ‘approval has been obtained for same as per existing procedures’. As mentioned in my letter of 27 January 2016, I had minuted ‘noted’ on the letters. I was awaiting for the contracts as mentioned in their letters ».
Cette précision de Romeela Mohee laisse le Pr Khedo dans une mauvaise posture et la prochaine étape de l’enquête de l’ICAC dans cette affaire risque de faire encore du bruit, d’autant plus que la VC doit affronter d’autres problèmes de nature plus délicate avec le personnel non académique aussi bien que des ingérences politiques