Les critiques ont été multiples tout comme les questions au Parlement sur le fonctionnement de l’Université de Technologie de Maurice (UTM). Après le départ de l’ancienne directrice générale, Sharmila Seetulsing-Goorah, en juillet dernier et le changement à la tête du board, l’UTM veut se redorer le blason en mettant en place de nouvelles stratégies. Nommé le 31 juillet en tant qu’Officer-in-Charge de cette institution tertiaire, Kiran Bhujun se voit confier la mission de remettre l’UTM sur les rails.

« On m’a demandé de donner un coup de main pour que l’université progresse », soutient Kiran Bhujun lors d’une rencontre sur son lieu de travail. Ayant pour responsabilité de remettre l’UTM sur les rails, il avance que « du progrès a été accompli » depuis les trois derniers mois. Pour commencer, le décaissement de Rs 12 millions pour des travaux d’infrastructures sur le campus a été, selon l’Officer-in-Charge, approuvé par le board le 6 septembre dernier.

Le lendemain, la Letter of Award a été lancée. « Nous  avons plusieurs projets qui seront réalisés tels l’extension de la Common Room, la rénovation des toilettes, l’installation des mains courantes », dit-il, ajoutant que parmi ces projets figure la construction de la New Common Room qui s’élève à Rs 10 millions. Kiran Bhujun avance qu’il s’est même déplacé pour se rendre à la municipalité de Port-Louis pour procéder à une application.

Kiran Bhujun, Officer in Charge d’UTM

Outre l’amélioration des infrastructures, Kiran Bhujun soutient que l’UTM est entrée dans une phase « à attirer des étudiants étrangers » étant donné que le marché mauricien est « assez restreint ». Il poursuit : « Pour qu’une université puisse fonctionner, il faut des étudiants. Ils ne viendront que lorsque les infrastructures sont bonnes. Et pour de bonnes infrastructures, il nous faut de l’argent. Mais nous devons commencer quelque part. » Dans l’élan d’attirer des étudiants étrangers, un Recruitment and Marketing Committee a été mis sur place. « Il ne faut pas qu’une université comme UTM ne se contente que d’étudiants mauriciens. Il nous faut également accueillir des étrangers », dit-il, rappelant la vision du ministère de l’Éducation qui est d’avoir des étudiants étrangers sur nos campus. L’une des premières étapes en ce sens est la signature d’un accord entre l’UTM et la Murdoch University de l’Australie.

L’accord entre les deux institutions tertiaires permettra aux étudiants d’avoir un double diplôme et d’étudier un an et demi à Maurice et un mois et demi en Australie. Pour les études à Maurice, l’étudiant paiera la somme recommandée par l’UTM et, en Australie, il devra payer la somme demandée, soit en dollars australiens. « À moitié coût, l’étudiant pourra avoir deux diplômes », dit-il, prenant en compte les étudiants étrangers. Il ajoute par ailleurs que le board de l’UTM a lancé quatre bourses, l’une pour des étudiants issus de familles pauvres; l’une pour des étudiants mauriciens ayant dépassé un barème au niveau de leurs points au Higher School Certificate; et les deux autres à l’intention des étudiants étrangers et intitulées “The UTM Presidential” qui leur permettront d’avoir des rabais sur les frais d’études s’ils ont les qualifications requises.

« Le but est d’attirer les étudiants. À travers eux, nous avons de l’argent et nous pourrons ainsi améliorer les infrastructures », ajoute-t-il. Pour attirer les étudiants en Afrique, UTM avait récemment envoyé un employé au Kenya pour promouvoir l’institution. Une cinquantaine de demandes ont été reçues et les intéressés demandent à obtenir plus d’informations. Concernant la campagne de recrutement, le lancement est fait pour les étudiants étrangers en ce moment.

Par ailleurs, l’amélioration de la qualité dans l’enseignement a aussi toute son importance. À ce sujet, l’Officer-in-Charge avance que l’UTM a approuvé le Research Degree Committee. L’une des lacunes, selon lui, est lorsqu’un étudiant s’inscrit pour un doctorat. « Celui-ci doit attendre au moins deux ans pour en être titulaire car les procédures ne sont pas définies. Nous avons établi un nouveau Research Degree Committee avec un plan d’action bien détaillé pour simplifier toutes les étapes », dit-il, indiquant que des étudiants attendent depuis 18 mois.

Dans le but de promouvoir cette démarche, il avance que ceci aide les employés à aller vers la recherche. « Nous devons faire de la recherche pour pouvoir sortir quelque chose que nous appliquerons dans la société », ajoute-t-il. Par ailleurs, dans l’amélioration des relations industrielles, il avance que deux personnes, qui étaient sur un contrat mensuel depuis sept ans, ont été employées. « Les gens doivent travailler en paix. Ceux qui sont éligibles à acheter une voiture hors taxes peuvent maintenant le faire. Le board a donné son accord », indique-t-il.

Par ailleurs, dans le but d’offrir une meilleure expérience aux étudiants qui prennent leur diplôme, il soutient que ces derniers n’ont plus à attendre six à huit mois après la cérémonie de remise de diplôme. Grâce aux nouvelles procédures, Kiran Bhujun fait ressortir qu’un exercice efficient a été mené et que le diplôme est remis le même jour. Il avance toutefois qu’il y a des tractations qui font que l’UTM piétine. « Depuis trois mois que je suis ici, j’ai remarqué que le travail bloque », dit-il, indiquant qu’il travaille dans un bureau fermé et sans climatiseur.

Pour pouvoir s’aérer, il a apporté son propre ventilateur. Le board, dit-il, donne son aval pour l’achat de plusieurs équipements mais « il y a un blocage » au niveau du “procurement” et de l’achat. « On veut me rendre la vie dure mais cela ne changera pas. On m’a envoyé pour une mission et je dois l’accomplir », dit-il.
Pour Kiran Bhujun, il faut la collaboration de chaque personne travaillant au sein de l’université pour que du progrès soit réalisé. Selon lui, il est malheureux que certaines personnes bloquent le travail « alors que d’autres travaillent corps et âme ».

Parlant du recrutement de la nouvelle Registrar en la personne de Sadhna Juwaheer, il soutient que les critiques sont tout à fait normales pour nuire à la réputation de l’UTM. Kiran Bhujun avance que la résistance à l’institution était toujours présente. « L’intérêt de l’institution doit primer au-dessus de l’intérêt personnel », dit-il. Il se demande pourquoi on ne lui avait pas donné le nom des deux personnes qui avaient travaillé sur une base contractuelle. « J’espère qu’il y aura un changement dans les mois qui viennent », soutient-il.

Pour consolider l’équipe vu le manque « cruel » des personnes, des offres d’emploi sont émises. Il soutient que, depuis 2000, plusieurs postes n’ont pas été remplis. Un exercice de promotion est également en vue. Selon ses prévisions, d’ici mars 2019, plusieurs problèmes « seront résolus ». S’agissant de l’offre des cours à l’UTM, aucun changement n’est prévu. Concernant les dossiers qui restent accumulés sur les tables, une politique selon laquelle les dossiers ne peuvent rester sur place plus de cinq jours est appliquée.

D’autre part, sur sa relation avec l’union, il indique qu’elle est « cordiale » mais se dit surpris sur ses contestations.

Par ailleurs, il rappelle que l’ancienne direction de l’UTM avait déjà commencé un travail avant son arrivée. « J’ai mis en place le nouveau plan de développement », a-t-il dit.

Kiran Bhujun est directeur du département tertiaire au ministère de l’Éducation. Il assure le poste d’Officer-in-Charge jusqu’à ce que son remplaçant soit trouvé.