Un vent d’incertitude a gagné le campus de l’Université de Technologie (UTM), et le personnel craint pour son avenir. Cela, en raison d’une baisse notée chaque année du nombre d’élèves qui souhaitent poursuivre leurs études au sein de cet établissement. Pour la prochaine rentrée qui aura lieu le 16 août, le nombre d’applications reçu tourne autour de 600, contre un peu plus d’un millier en 2015. Si, en moyenne, le nombre d’admis chaque année s’élève à quelque 600-650 étudiants, cette année, le personnel se dit pessimiste et redoute un désintérêt pour leur établissement, « parce qu’au niveau de l’administration, les actions manquent ».
De quelque 1200 en 2014 à environ 1000 en 2015, le nombre d’applications à l’UTM continue à baisser. Cette année, alors que la rentrée universitaire est prévue dans une quinzaine de jours, seulement quelque 600 applications ont été enregistrées. D’où l’inquiétude du personnel qui redoute que la moyenne générale de 600 à 650 admissions chaque année ne soit atteinte. Ils attribuent cette baisse au manque de planification de la part de l’administration de l’UTM. Ces employés expliquent que si, d’ordinaire, les publicités faisant état des cours dispensés à l’UTM sont rendues publiques à partir du mois de mai jusqu’à début juillet, cette année, ce n’est qu’en début juillet que les publicités ont paru dans les médias. La raison qu’aurait évoquée l’administration, c’est le manque de moyen financier. Or, les journées portes ouvertes, qui ont eu lieu du 30 juin au 1er juillet, organisées également tardivement selon les employés, dans l’enceinte de l’établissement tertiaire, n’ont pas attiré grand monde. « C’était un véritable fiasco», disent-ils. Et d’ajouter que « généralement, lors des journées portes ouvertes, nous recevons entre 1500 à 2000 applications dont nous retenons quelque 400 à 600 demandes. Cette année, nous n’avons reçu que 300 applications lors de ces journées portes ouvertes ».
Problèmes d’infrastructures
Pointant du doigt la gestion administrative de l’UTM, le personnel déplore la lenteur de la direction à prendre des décisions. Les choses ont empiré depuis un an, soutient-on. « Les dossiers tardent à être avalisés. Auparavant, nous avions des garde-fous pour nous assurer que les dossiers soient signés en trois jours maximum. Aujourd’hui, cela prend un mois », soutiennent ces employés frustrés. Ils laissent entendre, par ailleurs, que la directrice ne viendrait à l’université que deux à trois fois par semaine, et encore pour une demi-journée seulement. « Tout cela retarde les opérations, ne serait-ce que pour l’achat du papier, par exemple, ou pour effectuer les paiements auprès des fournisseurs », disent-ils.
Problème de sécurité
L’UTM ferait également face à de nombreux problèmes infrastructurels, soutiennent-ils. A titre d’exemples, ils parlent du non-replacement de la photocopieuse, ou encore de l’absence de waterproofing ce qui a pour conséquence que les salles de classe sont souvent inondées par l’eau de pluie. En dépit de plusieurs doléances faites à l’administration, rien n’a été fait pour améliorer la situation, soutient le personnel, même si la Tertiary Education Commission (TEC) avait accordé, pour l’année 2015-2016, un budget spécifique à cet effet. « Aujourd’hui, alors que la rentrée est proche, plusieurs salles de classe ont des problèmes d’électricité. Il n’y a pas de projecteurs, pas de laptop…», s’inquiètent les employés.
Ils affirment que la direction de l’UTM est au courant de ces problèmes qui ont aussi été évoqués par le syndicat avec le ministère de l’Éducation. Mais aucun changement n’a été apporté. « Entre-temps, ce sont les élèves qui sont pénalisés », déplore le personnel. D’où leur requête auprès des autorités pour « revoir la gestion de l’UTM ». Et si cela continue, disent les employés « l’établissement déposera son bilan ». « Si le nombre d’admissions ne concorde pas avec le nombre de places disponibles, la situation à l’UTM va s’empirer », disent-ils. C’est pourquoi ils appellent les autorités à agir au plus vite.
Les membres du personnel déplorent les problèmes de sécurité auxquels employés et étudiants font face à l’université. L’établissement, dont l’enceinte est louée au Business Park of Mauritius (BPML) est situé à côté d’un grand terrain vague. Terrain devenu un lieu de « casse poz pour de nombreux drogués de la région », mais que doivent traverser les employés et étudiants de l’UTM pour rejoindre la grand-route. « Souvent les cours finissent à 20 h, et c’est extrêmement dangereux d’emprunter ce terrain, car les lampadaires ne fonctionnent pas », disent les employés de l’UTM qui déplorent que plusieurs élèves ont été attaqués à cet endroit. Selon eux, la direction est également au courant de ces problèmes, « mais comme toujours rien n’est entrepris pour les résoudre ». Ils soutiennent qu’« il existe un dialogue de sourds entre eux et l’administration de l’université ». Nous avons tenté d’avoir la version de la directrice de l’UTM qui est restée injoignable.
Face à la situation, les employés de l’UTM souhai-tent à la prompte réaction des autorités: « L’ambition du gouvernement est d’offrir la possibilité à tous les jeunes Mauriciens d’avoir une formation. Mais si au sein même de l’administration des établissements tertiaires la direction ne semble pas concernée, nous n’avancerons pas dans cette direction. Pis, les employés risquent de perdre leur emploi et de se retrouver au chômage. C’est pourquoi il faut agir vite pour sauver l’UTM. »