2012 a été une année sans grands changements au niveau de l’éducation primaire. Même si de nouveaux projets, comme l’enseignement du kreol, ont été introduits, les écoliers sont toujours confrontés au CPE. À ce sujet, les groupes de travail institués ont soumis leurs propositions quant à une nouvelle formule d’évaluation. Celle-ci serait basée sur le contrôle continu avec un examen en option pour les places dans les collèges nationaux. Par ailleurs, les leçons particulières en Std IV sont toujours aussi présentes, en dépit de la loi visant à les abolir.
L’année 2012 dans le primaire a débuté avec la mobilisation des enseignants contre l’abolition des leçons particulières en Std IV. Dès le 28 janvier, la Government Teachers’ Union a organisé une rencontre des parents pour les informer de la situation. « Les leçons particulières ont permis à de nombreux enfants d’améliorer leurs performances académiques », a soutenu le syndicat pour justifier sa bataille. Mais il n’a pas fallu avoir recours aux instances légales comme prévu, initialement, pour contrecarrer cette mesure. Les leçons particulières en Std IV se sont bel et bien poursuivies sans que les principaux concernés n’en soient inquiétés pour autant.
Il faut toutefois se réjouir que l’autre projet phare de 2012 ne soit pas tombé à l’eau. L’introduction du kreol au primaire est devenue une réalité au grand soulagement des militants de la langue qui, pendant des années, le réclamaient. Même si beaucoup auraient souhaité que le kreol devienne le médium d’enseignement, ils se contentent, pour le moment, de cette introduction qui représente « un grand pas en avant ».
L’introduction du kreol au primaire a également redynamisé l’écriture. Au début de l’année, la fédération Playgroup a publié une série de readers à l’intention des enfants du préscolaire. Il y a peu, Playgroup a aussi publié Kirouni Kirouna.
Le CPE reste toutefois le sujet qui monopolise l’attention chaque année. Après le National Forum on Review of CPE, tenu en décembre 2011, beaucoup s’attendaient à des changements. Les groupes de travail institués l’année dernière ont fait connaître leurs propositions récemment. « Nous ne ferons pas de compromis sur la qualité », a précisé haut et fort le ministre de l’Éducation. Vasant Bunwaree anticipait déjà les critiques sur sa nouvelle formule d’évaluation. Les groupes de travail ont ainsi proposé que la performance des enfants soient évaluée à travers un continuous assessment, avec en option, un examen national pour ceux souhaitant être admis dans les collèges nationaux. Comme il fallait s’y attendre, cette option est loin de faire l’unanimité parmi les partenaires de l’éducation.
La répartition des matières en plusieurs groupes, soulève également des interrogations. Certains se demandent pourquoi le français ne figure pas sur le même pied d’égalité que l’anglais et les maths, les deux matières qu’il faut obligatoirement réussir.
Le ministère n’a pas toutefois pas attendu les consultations pour appliquer certaines mesures. Dès cette année, les enfants ayant échoué au CPE sont encouragés à s’inscrire dans un collège prévocationnel où ils pourront bénéficier d’une formation technique, tout en prenant part au CPE. De même, le Mauritius Examination Syndicate (MES) a revu la formulation des questions pour certains questionnaires afin de faciliter la tâche des enfants. Ce que certains dans le secteur traduisent par une « baisse de niveau », tout comme les mesures appliquées pour la correction des papiers. La décision de publier le taux de réussite au CPE en deux catégories, les first sitting et les repeaters a aussi donné lieu à des critiques. Mais pour les autorités concernées, cette formule donne un tableau plus juste de la réalité.
Finalement, 2012 a été marquée par la revendication des enseignements pour un alignement de leur salaire avec ceux du secondaire, suite au PRB 2013. Le rapport de l’Errors and Omissions Commission, attendu pour très bientôt, confirmera si leur appel a été entendu.