Quoique une très grande partie de la population, vit dans des conditions extrêmement difficiles et un dénuement complet, il existe cependant à l’approche de Noël une effervescence de joie dans l’atmosphère et dans les coeurs dans l’attente de cette fête exceptionnellement réjouissante, indépendante des diverses confessions religieuses, car cette lumière de Noël illumine tous les coeurs. Dans cet emportement d’allégresse vers la Noël et les fêtes de fin d’année les trottoirs sont encombrés et on ne se lasse jamais de visiter avec un engouement passionné les magasins achalandés tout en rêvant devant les vitrines ornées de mille feux aux lumières fascinantes et de décorations de toutes les couleurs. De multiples articles et une profusion de jouets, certains d’un autre temps avec des éclats modernes au rythme de l’ère informatique et de la technologie moderne, sont exposés et ravissent tous les yeux. Ceux destinés aux jeunes bousculent les appareils ménagers à la présentation luxueuse et deviennent des boîtes aux rêves et font vibrer les désirs émerveillés des ménagères. C’est un cri d’exhortation pour toujours le plus attrayant qui prend une forme irrésistiblement délirante pour ravir les dernières possibilités financières déjà asséchées des portefeuilles – ce qui conduit le plus souvent vers l’endettement. Le courant féministe de mode des jeunes filles, certaines tatouées à peine sorties de l’enfance, ne résiste pas aux plus âgées qui certaines s’aventurent elles aussi à vouloir mannequiner. Combien amusant de voir défiler un peu partout ces ravissantes dames à l’allure entreprenante dans leurs pantalons trois-quarts « moulants » et de légers et clairs chemisiers aux décolletés profonds et qui se libèrent moqueusement des traditions et des carcans sociaux pour faire comprendre qu’il faut compter aussi avec elles. On reste gaga devant cette mise à nue de leurs charmes désespérés qu’on ne peut plus faire rêver et elles feraient tout pour trouver la fontaine de Jouvence.
Des sans-emploi ou exploités pour quelques ronds à peine justes pour mettre désespérément la marmite au feu, s’enlisent dans cette pagaille désemparant de misère accentuée. Leurs enfants malgré les petites gâteries de quatre sous deviennent récalcitrants de cet état de pauvreté et demeurent tristes. Certaines âmes charitables à la vertu éloquente de générosité et des organisations bienfaitrices leur viennent en aide pour leur arracher un peu de sourire et palier leur découragement.
Pourtant ces grandes misères persistantes ne sont que le cadet des soucis de l’état qui font semblant d’ignorer que toutes ces familles vivotant sans aucune aménité et « sans eau », gisent au jour le jour sous un toit précaire les affolant à la moindre averse et que ces adorables mioches et leurs parents ne font que maudire leur triste sort.
Pour un édifiant désir de partage et de rendre heureux des enfants meurtris par la pauvreté on n’a pourtant que l’embarras du choix dans toute cette gamme des besoins immédiats pour une vie décente. Que ce vrai miracle de cette belle tradition du Père Noël d’offrir des présents et des souhaits à ceux qui les reçoivent aux yeux éblouis, dégourdissent notre générosité. Ne faisons pas comme ces commerçants et ces marchands ambulants des trottoirs qui ont trouvé le bon filon pour écouler leur camelote. Certains très friqués possèdent autos luxueuses, vans et autres véhicules dernier cri et grandes propriétés sans faire grimacer le MRA.
Inversement, à chaque Noël et fin d’année Jésus vient nous rappeler que les pauvres aussi existent pour fêter dignement sa naissance. Faisons nôtre son amour par notre générosité pour que nos souhaits et nos sourires, auxquels les enfants et les « tidimounn » rêvent d’en recevoir dans le fond de leur être, soient sincères. Le vrai secret pour réussir cette saison des étrennes se trouve dans ce culte du partage en se laissant toucher par ces regards péniblement attristés des pauvres, à la dignité bafouée, qui transpercent et déchirent l’âme. Au jour le jour ils ne se contentent de rien ou de très peu, parfois même en cachant l’atrocité de leur misère, un peu comme les oiseaux qui se cachent pour mourir.
Ces poussées sincères de scintillements de joie pour retrouver une amitié perdue ou des bisous riches en amour valent parfois bien mieux que des présents. Même la nature semble aussi vouloir être de la partie en nous offrant ses conifères parfumés et toute cette explosion de fleurs et de fruits – mais sans letchis cette année-ci. Depuis des lustres, rien ne semble émouvoir le gouvernement de vouloir nous débarrasser de ces innombrables colonies de bêtes de plus en plus voraces que sont ces chauve-souris qui nous privent cette année encore de nos fruits de saison et surtout des letchis.
En faisant votre cheval de bataille pour alléger par tous les moyens les plus démunis, faites-en messieurs les politiques votre vraie « option préférentielle pour les pauvres ». Mais de grâce efforcez-vous de ne pas mettre dans deux paniers différents la misère et la pauvreté comme on a voulu nous faire croire qu’elles étaient deux choses différentes. Ce qui porterait à confusion tous ceux qui trop souvent se lèvent sans thé et vont dormir sans manger, et, hélas, sans eau. Luttez contre la misère et surtout ne cultivez pas la pauvreté. Faites-en le vrai pivot miracle de vos actions politiciennes. A la saison des isoloirs le peuple s’en souviendra et vous le rendra au centuple !