Depuis que l’affaire du jockey Gregorio Aréna a éclaté au grand jour, il ne se passe pas une seule semaine qui n’apporte pas son lot d’informations rebondissantes au Champ de Mars. Cette semaine trois faits importants sont à noter dans ce dossier qui prend définitivement du volume.
Primo : Shirley Louis, propriétaire de chevaux chez l’écurie Serge Henry en compagnie de son compagnon Guisspe Parisi est sortie de sa réserve pour parler des relations de son couple avec le président de la chambre des commissaires de courses, Ian Paterson. On vous laisse découvrir les points saillants de cette sortie en règle dans l’interview plus loin.
Secundo : la double sortie médiatique du président du Mauritius Turf Club (MTC), Gilbert Merven chez ceux qui ne lui ont pas posé les questions qui fâchent, mais qui lui ont donné allégrement le droit d’égratigner le travail de dénonciations de Turf Magazine et de Week-End dans ce dossier, probablement le plus brulant que le MTC a eu à gérer depuis…200 ans.
Tertio : la décision de Ian Paterson, en sa capacité de Chairman of Racing Steward de traduire,  devant la justice pour diffamation le commissaire administratif, Jean-Michel Giraud. Un fait qu’on peut qualifier d’évènement dans le milieu hippique mauricien puisque jamais dans l’histoire de ce club, vieux de deux siècles, un commissaire des courses qu’il soit président  du board ou pas n’a traduit en justice un commissaire administratif.
nous allons donc nous intéresser en premier au 3e fait de la semaine qui a commencé mercredi en fin d’après-midi  pour démontrer comment cette décision de Ian Paterson d’aller chercher réparation devant la justice à l’égard du commissaire administratif, d’une part « bring the game into disrepute» et que d’autre part est un très mauvais signal pour le public turfiste et les parieurs. Sur le fait, Ian Paterson reproche à Jean-Michel Giraud de s’être désolidarisé du communiqué émis par le board des commissaires administratifs le 6 septembre 2013. Un communiqué dans lequel une majorité des commissaires évoquent leur satisfaction devant les explications données par Ian Paterson sur sa participation le 22 juin 2013 à une fête où étaient présents jockeys et propriétaires de chevaux, mauriciens et étrangers, ce qui est contraire aux Rules of Racing. Notamment l’Article 109.
En décidant d’aller chercher réparation devant la justice,  Ian Paterson a en deux fois passé la ligne jaune et met le MTC dans une position délicate. En effet, l’Article 213 des Rules of Racing, notamment à la section 3 (b)  (c) et (d) il est clairement stipulé que toute personne qui agit de manière «improper, disrespectful, insulting, defamatory  » à l’égard du club (MTC), tout comité du club ou commissaire (Steward) commet une offense et peut être sanctionné selon les prévisions de la section 11 (d). (Voir plus loin)
«The game into disrepute »
Le fait de traîner devant la justice un membre du board, de surcroît un commissaire administratif élu à une forte majorité par l’assemblée des membres du MTC, Ian Paterson  ne vient-il pas mettre «the game into disrepute»?  Les avertis disent que l’Australien aurait dû  d’abord démissionner de son poste avant d’aller de l’avant avec sa plainte contre Jean-Michel Giraud. Mais comme l’affaire Aréna a démontré en moult occasions que le président de la chambre des commissaires des courses a sa  version personnel des règles, il ne faut pas s’étonner qu’il ait choisi cette direction.
Comme c’est souvent le cas dans ce genre d’affaire une question subsiste : Ian Paterson peut-il  traduire devant la justice le commissaire Giraud sans avoir eu en amont l’aval au plus haut point du  MTC. Même s’il donne l’impression qu’il peut agir à sa guise depuis son retour au Champ de Mars, Ian Paterson sait fort bien ce à quoi  il risque en optant pour cette direction. L’Australien sait pertinemment que Jean-Michel Giraud n’allait pas rester les bras croisés et que la première des décisions de ce dernier serait inévitablement la réclamation de sa tête comme président de la chambre des commissaires des courses.
En effet, comme annoncé en exclusivité par notre confrère du Mauricien,  vendredi, Jean-Michel Giraud a effectivement réclamé une réunion urgente du board des commissaires administratifs pour « débattre de la suspension immédiate de Ian Paterson». Comme il fallait s’y attendre, Benoit Halbwachs, à qui cette demande a été faite, n’a pu réunir vendredi après-midi une majorité des membres pour tenir cette réunion urgente. Tout laisse croire que cet item sera à l’agenda ce mardi lors de  la traditionnelle réunion du board. Il serait alors intéressant de voir qui assumera pleinement ses responsabilités. Surtout combien de commissaires administratifs auront à coeur le respect des règles mis en place pour que les courses à Maurice se déroulent en toute intégrité. Surtout on saura qui est plus important pour le board des commissaires : le MTC ou Ian Paterson ?
Une machination ?
Car au final, on peut aussi  poser la question de savoir si la démarche de Ian Paterson, sponsorisée en haut lieu,  ne serait pas une machination montée de toute pièce pour lui donner une porte de sortie «honorable», voire royale ? La question qui est sur la table est la suivante : combien seront les indemnités financières que toucheront Ian Paterson au cas où son contrat est résilié avant qu’il n’arrive à terme en 2014 ? Car si c’est bien ce scenario qui est en gestation, une fois encore certains au MTC ne vont pas se priver la joie d’attacher ce boulet financier aux pieds de Jean-Michel Giraud. Un peu comme les Rs 3 millions perdues en 2006 par le MTC dans l’affaire des terrains de Trianon, sans préciser que ce n’est pas sous sa présidence que cet argent n’a pu être récupéré. Toujours est-il qu’on se demande s’il y a une comparaison possible entre un président qui a perdu Rs 3 millions contre celui qui a laissé un trou de Rs 28 millions dans les caisses du MTC en une année ?