Une forte délégation de Mauriciens et de Seychellois de foi anglicane, dont plusieurs dignitaires du diocèse de Maurice, s’est retrouvée à Rodrigues pour prendre part à une double célébration — la consécration au culte de la première église anglicane à La Ferme, dédiée à Saint Luc, le médecin bien-aimé de l’Évangile, et le 110e anniversaire de la paroisse de Saint Barnabas à Port Mathurin. Les cérémonies aux deux événements, préparées avec le plus grand soin, ont été enrichies de musique, de chants de louange et d’hymnes inspirés.
La première cérémonie s’est déroulée le vendredi 9 août en la présence d’une foule de dignitaires civils, politiques et religieux dont le chef commissaire Serge Clair, le ministre de la Pêche Nicolas Von Mally, le représentant de l’Église catholique en les personnes de Mgr Jacques Harel et du Père Jocelyn Patient, le chanoine Edgar Ruddock des États-Unis et la chanoine Caroline Pinchbeck, déléguée de l’archevêque de Cantorbéry, et un grand nombre de membres du clergé anglican du Sud-Ouest de l’océan Indien, Mgrs Ian Ernest, Rex Donat, James Wong (évêque des Seychelles) et Roger Chung, le révérend chanoine Bryen Adeline, le Vénérable Sténio André, les révérends Patsy Mac Gregor, Éric Luximon, Liva Andriantsimba ainsi que John Leung Yinko et Me Stéphane Runghen, respectivement chancelier et Registrar du diocèse de Maurice.
Un rêve qui se réalise plus d’un siècle après
Dans son homélie lors de l’inauguration de Saint Luc à La Ferme, le Très Révérend Ian Ernest a salué la présence massive des Mauriciens et des Seychellois venus témoigner de la profonde affection qu’ils portent aux Rodriguais. Il a eu un mot spécial pour les délégués spéciaux venus d’Angleterre. « Nous sommes aussi tout heureux d’accueillir parmi nous le Rev Chanoine Edgar Ruddock et son épouse Annette qui représentent l’USPG (Us) agence missionnaire de l’Église d’Angleterre qui a été à la base même de l’établissement du diocèse de Maurice, et le Rev Caroline Pinchbeck qui traduit de manière concrète les liens d’affection et de partenariat que nous partageons avec le diocèse de Cantorbéry en Angleterre. »
L’idée de construire une chapelle à La Ferme remonte à 1906. Elle fut émise par le révérend James Courters-Lavers, le premier curé en charge de la paroisse de St Barnabas. Le projet n’eut pas de suite de fonds disponibles au diocèse de Maurice. Une autre occasion de réaliser le projet se présenta lorsque la famille Wong So, bien connue à Rodrigues, offrit un terrain à cet effet à La Ferme. Mais les paroissiens rodriguais durent attendre jusqu’à 2003 lorsque le révérend chanoine Bryen Serge Adeline revint avec le projet, et peu de temps après eut lieu la pose de la première pierre. La construction prit dix ans, mais elle est enfin terminée, inaugurée et prête à accueillir les fidèles pour un siècle, si ce n’est plus ! Le prédécesseur de Saint Luc, Saint Barnabas, est bien là depuis 110 ans !
Ainsi, après plus d’un siècle, l’église dédiée à Saint Luc est sortie des terres et les fidèles peuvent enfin y faire monter leurs prières. Ce que le Seigneur y fait les choses en Son temps ! C’est ce qui est revenu dans les propos de différents intervenants qui y ont vu un signe de maturité des Rodriguais, capables désormais de s’assumer et de relever le défi que pose St Luc dans son évangile, « Lève-toi et marche », choisi comme le thème des célébrations.
Un forum-débat et un anniversaire
Le samedi 10 août, un forum-débat autour du thème « Le Rôle de l’Église Anglicane dans le Développement de Rodrigues » a eu lieu au Centre Culturel Mon Plaisir avant que, le lendemain, ne soient célébrés les 110 ans de la paroisse de St Barnabas. L’occasion pour l’évêque/archevêque Ian Ernest de revenir sur le thème choisi pour les trois jours des célébrations :
« Le thème choisi “Lève-Toi et Marche” redirige nos pensées vers le besoin, à l’exemple de nos prédécesseurs dans la Foi, d’être obéissants à la vision que Dieu a pour nous. Une vision qui consiste à ce que nous soyons guéris de nos infirmités et de nos manquements. L’Évangile et les lectures lues en cette occasion demande que nous partagions notre vie avec Jésus et bien sûr aussi avec les autres. Nous ne pouvons être ses ambassadeurs comme ceux et celles qui étaient là avant nous si nous ne mettons pas en pratique Sa Parole. »