Rentré au pays avant-hier, l’évêque de Port-Louis se dit heureux du choix d’un cardinal d’Amérique latine comme nouveau chef de l’Église catholique. En esquissant le profil de Jorge Mario Bergoglio, Mgr Maurice Piat déclarait hier, lors d’une conférence de presse, que celui-ci est « un mélange heureux dont l’Église a besoin aujourd’hui ».
Le Pape François, qui est un prêtre jésuite, « est l’héritier d’une solide tradition de formation et de discernement chrétien ». Dixit Mgr Maurice Piat. Et de souligner que ce dernier est aussi proche de la tradition du Renouveau charismatique. « Ce mélange d’une vieille tradition de discernement et de la fraîcheur du Renouveau dans l’esprit est un mélange heureux. C’est de cela dont l’Église a besoin aujourd’hui », déclarait hier Mgr Piat lors d’une conférence de presse. Selon lui, Jorge Mario Bergoglio, bien que peu connu jusqu’à son élection, témoigne déjà – et cela à travers ses premiers gestes – « d’une personnalité attachante ».
Pour Mgr Piat, le choix porté sur un cardinal venu du continent américain « montre que le centre de gravité n’est plus nécessairement au Nord ou en Europe ». Et l’évêque de Port Louis de rappeler que l’Église a pris solidement racine dans l’hémisphère sud, en Afrique, en Asie, en Océanie et en Amérique du Sud. « Et dans chacun de ces continents, l’Église a développé une chrétienté propre », souligne Mgr Piat.
L’évêque de Port-Louis est convaincu que le pape François donnera une nouvelle vision à l’Église. Celui-ci apportera, selon lui, « ce regard sur le monde vu du sud » ainsi que des éléments de la culture chrétienne d’Amérique du Sud. Mgr Piat souligne que l’expression « option préférentielle pour les pauvres » vient de l’Amérique latine et fait partie de la culture ecclésiale du continent. Mgr Piat s’est aussi attardé hier sur le nom de « François » choisi par Jorge Mario Bergoglio pour sa nouvelle fonction, nom par ailleurs porté pour la première fois par un souverain pontife. « Ce nom évoque Saint François d’Assise, un homme de paix, un homme simple, un homme de la rencontre fraternelle, proche des pauvres, passionné de l’évangile et ouvert au dialogue. »
Le père Jean-Maurice Labour, vicaire-général, qui participait à cette conférence de presse, a ajouté que l’Église « a beaucoup d’espérance » en ce nouveau pape et que celui-ci témoignera « d’une nouvelle manière de faire » et qu’il s’inspirera de la spiritualité ignatienne « pour accompagner et pour dialoguer avec le monde ». Le père Steves Babooram, supérieur de la communauté des Jésuites à Maurice – et qui était à côté de Mgr Piat hier –, était visiblement très heureux de cet événement qui touche directement les Jésuites. « Nous partageons la joie d’un nouveau pape avec les millions de catholiques à travers le monde. Mais notre joie est encore plus profonde, dans le sens que nous avons un point commun avec le pape François, c’est-à-dire Saint Ignace de Loyola. »
L’Église à Maurice et, plus généralement, l’Église dans l’océan Indien ont-elles des attentes spécifiques avec l’arrivée de ce nouveau pape ? « Le pape est là pour donner une direction. Mais il revient à chaque Église, en fonction des réalités dans laquelle elles évoluent, de relever les défis auxquels elles sont confrontées. L’Église n’est pas une multinationale qui attend des directives, mais elle est un peuple de croyants qui marchent ensemble et dans la même direction », répond Mgr Piat.