Vieux de près de trois siècles et classé sur la liste des bâtiments historiques nationaux, le presbytère de l’église St-François d’Assise, à Pamplemousses, brille depuis peu d’un nouvel éclat qui n’échappe pas au regard des visiteurs de ce quartier hautement patrimonial. Sa restauration complète, longtemps compromise faute de financement adéquat, est en voie d’achèvement ces jours-ci. Pour autant, la paroisse n’est pas au bout de ses peines, nous confie le curé, Père Tadeusz Lewicki, puisqu’un apport financier se montant à près de la moitié des coûts de restauration est toujours à l’étude au National Heritage Fund qui a pourtant approuvé le démarrage des travaux.
Ce joyau de patrimoine architectural mauricien a été remis à neuf par les soins de la compagnie Klodale Ltd dirigée par Francis Maurel, sous la supervision du cabinet Jean-Michel D’Unienville Architect Ltd — qui, précise le curé, a travaillé sur ce projet bénévolement, tout comme la responsable de la décoration intérieure, Charlotte Espitalier-Noël, directrice de Indaba Ltd. L’édifice donne désormais à voir, à l’ombre de grands arbres, une demeure de style colonial à étage dont les murs des façades autrefois chaulés ont été décapés par la technique de “sand blasting” pour laisser apparaître les superbes pierres de taille d’origine. Débarrassées de leur ancien enduit, ces roches basaltiques bleues d’une épaisseur de 66 centimètres, selon les plans de l’époque, offrent à la maison une nouvelle esthétique que viennent rehausser les grands volets en bois naturel, autrefois recouverts d’une couche de peinture blanche. Sur recommandation du National Heritage Fund, les ingrédients composant le mortier d’origine ont été employés afin de respecter au plus près les techniques de construction de l’époque.
Cette maison est composée d’un rez-de-chaussée dont la maçonnerie des magnifiques varangues longeant le corps de logis est aujourd’hui encore telle qu’elle était au moment de son acquisition par la Compagnie des Indes en 1743. Au bout de la véranda arrière se trouve la cuisine qui, comme dans toutes les maisons d’antan, est séparée du corps principal par la varangue afin d’éviter les risques d’incendie. Cette pièce aux mêmes volets de bois naturel a également fait l’objet de rénovation complète.