Le Premier ministre Navin Ramgoolam, qui participait hier soir à une cérémonie organisée à Pamplemousses pour marquer la fête Eid, n’a pas fait dans la dentelle pour critiquer l’opposition parlementaire, en particulier le MSM et son leader Pravind Jugnauth. Il a estimé que l’opposition doit pratiquer une opposition constructive et non pas se livrer à des palabres. Il a comparé Pravind Jugnauth à « un guignol » et n’a pas hésité à le traiter de « poltron ». Navin Ramgoolam a réaffirmé que son gouvernement restera au pouvoir durant les quatre prochaines années et s’est déclaré convaincu qu’il sera reconduit au pouvoir.
Pendant toute la première partie de son intervention, Navin Ramgoolam s’est livré à des commentaires d’ordre général en puissant de temps en temps son inspiration du Saint Coran. C’est ainsi qu’il a critiqué « ceux qui accumulent des richesses comme s’ils ne mourront jamais ». La plus grande réalisation que peut faire une personne, ce n’est pas d’avoir accumulé des richesses pendant sa vie mais d’avoir partagé, dit-il. Le PM a cité en exemple sir Razack Mohamed, qui bien qu’il fût un riche commerçant a terminé sa vie dans le dépouillement.
Sur un plan purement politique, le Premier ministre a accusé l’opposition de mener une guerre psychologique à l’instar des Américains qui avaient fait croire que l’Irak disposait d’armes de destruction massive pour l’attaquer alors qu’en vérité ce pays ne disposait pas de tels armements. Il s’est longuement appesanti sur la crise économique qui secoue les pays occidentaux et s’en est pris aux ministres du MSM pour avoir choisi ce moment pour soumettre leur démission alors qu’il était à l’étranger. « C’est la première fois que je vois des ministres soumettre leur démission en solidarité à un ministre qui est accusé de corruption ». Et de comparer Pravind Jugnauth à « un guignol ».
Navin Ramgoolam soutient que le leader du MSM a tout fait pour qu’il interfère auprès de l’ICAC dans l’affaire MedPoint. « Si je l’avais fait il aurait peut-être été assis là devant vous aujourd’hui, mais je suis persuadé que vous ne l’auriez pas invité », a-t-il lancé.
Le Premier ministre a insisté sur le fait qu’il est respectueux des institutions, contrairement à l’opposition. « C’est la raison pour laquelle il ne faut pas les porter à nouveau au pouvoir », dit-il.
Commentant les récentes interpellations par la police, le Premier ministre a soutenu que celle-ci n’a fait que son travail conformément à la loi et qu’il ne s’agit pas d’un État policier. Il a cité la déclaration de Paul Bérenger qui a demandé que le pays soit doté d’une justice républicaine. « C’est exactement cela que nous faisons », a-t-il dit en soutenant que tout le monde, y compris lui-même, est égal devant la loi.
À ce chapitre, Navin Ramgoolam est revenu sur l’arrestation de Pravind Jugnauth. Ce dernier, dit-il, avait affirmé que s’il devait être arrêté il ne paierait pas de caution. « Il croyait pouvoir faire comme Paul B?renger. B?renger a peut-?tre ses d?fauts, cependant Pravind Jugnauth ne peut pas être comparé ? Paul Bérenger ».