La communauté Ahmadiyya a organisé la semaine dernière le cinquième « Eid Ul Fitr Dinner » annuel à Rose- Hill. Le dîner a été marqué cette année par la présence du vice-Premier ministre Anil Bachoo, de l’Évêque de Maurice, Ian Ernest, des maires des différentes villes et des personnalités du secteur privé et du corps diplomatique.
La communauté Ahmadiyya est, comme l’a expliqué Mohammad Issa Taujoo dans son discours d’ouverture, une communauté apolitique. « Notre communauté voue sa loyauté au pays et au gouvernement du jour », a-t-il expliqué. « Nos seules attentes du gouvernement sont qu’il oeuvre pour que les droits fondamentaux de tous ses citoyens soient respectés tels le droit à la paix, à la sécurité ; qu’il promeut l’égalité des chances, et la justice pour tous ; qu’il s’assure de la protection des droits des faibles et des démunis ; qu’il garantit la liberté de conscience et de religion, c’est-à-dire la liberté de croire ou de ne pas croire, de pratiquer la religion de son choix et de la prêcher », a insisté Mohammad Issa Taujoo Selon lui, la communauté Ahmadyya estime qu’il est de son devoir d’aider l’État dans la mesure de ses moyens et de ne pas être une charge pour l’État.
Pour Moossa Taujoo, l’émir de la communauté Ahmadyya à Maurice, la fête de rupture du jeûne ou la Eid ul Fitr, « est avant tout un moment de remerciement vis-à-vis d’Allah, le Seigneur des mondes ». Pour lui, le ramadan, c’est l’occasion d’apprendre à être reconnaissant vis-à-vis de quiconque vous viens en aide ou vous fait une faveur.
Pour Moossa Taujoo, le jeûne est un moyen d’apprentissage de retenue et de patience. « Avec de la patience, nous sommes en mesure de renforcer notre détermination à adorer l’Être suprême, avec sincérité, mais également à faire face aux aléas de la vie. Par exemple, avec de la patience, nous sommes en mesure d’effectuer nos prières calmement et correctement sans se précipiter. Avec de la patience, nous sommes en mesure de restreindre nos âmes de la cupidité et l’avarice et de donner ainsi une partie de notre richesse aux pauvres et aux méritants. Avec de la patience, nous sommes en mesure de dominer notre tempérament, de subir les épreuves et les diffi – cultés. De même, avec de la patience, nous sommes capables de faire preuve de fermeté et nous engager dans une lutte contre notre MOI — résister à toute forme d’assaut sans fl échir, sans désespoir, et sans devenir trop hâtif et impatients à la première des diffi cultés », a-t-il expliqué. Enfi n le mois de Ramadan, a poursuivi Moossa Taujoo, enseigne également à comprendre la souffrance des pauvres.
L’évêque de Maurice, Mgr Ernest, s’est appesanti sur les relations entre l’église et le gouvernement. Le ministre Bachoo a pour sa part insisté sur le fait que la laïcité ne veut nullement dire l’abandon des valeurs religieuses et culturelles traditionnelles.