Dans un message diffusé à l’occasion de la célébration d’Eid ul-Fitr, le Conseil des Religions (CoR) souligne que le jeûne, dans toutes les religions, est l’occasion d’une « prise de conscience sur le consumérisme excessif qui détruit notre planète ». De ce fait, « nous faisons un appel pour qu’il y ait plus de partages entre les fidèles et les dévots des différentes religions à l’occasion des grandes fêtes », souligne l’abbé Philippe Goupille.
Le CoR s’est réuni pour réfléchir sur l’expérience du carême durant ce mois béni de Ramadan. Le conseil constate « avec effroi » le prolongement des guerres et le massacre d’innocents dans plusieurs pays. « Des enfants, des femmes et des hommes, parmi les plus démunis de la planète, sont quotidiennement pris pour cibles dans des affrontements qui profitent à une poignée d’irresponsables avides de pouvoir et d’argent. » Le CoR poursuit : « Nous vivons tous ces souffrances au plus profond de notre âme. Mais la souffrance la plus répandue est celle qui nous rend tous esclaves de nos envies, de nos désirs et de nos passions. Cet esclavage, nous pourrions le nommer et l’appeler la consommation outrancière. Le jeûne du Ramadan nous invite précisément à rompre avec nos habitudes de consommation dans la routine de notre vie quotidienne. Alors que nous sommes pris dans la spirale d’un consumérisme excessif qui nous rend esclave de nos passions, le jeûne est une manière pratique de nous désenclaver et de nous libérer. »
Le CoR insiste, dans son communiqué, sur le fait que le jeûne est une manière de nous libérer de notre ego. « L’ego fait souvent écran entre nous et nos frères et nous empêche de nous ouvrir aux autres, à partager leurs aspirations, leurs joies, leurs souffrances et leurs douleurs », souligne-il. Le CoR regrette toutefois que cette « expérience formidable du jeûne », présente dans toutes les religions, ne soit pas suffisamment prise en compte par la communauté des fidèles comme une occasion d’inviter les autres à partager ce moment. « Nous lançons donc un appel aux responsables des mosquées, églises, temples et aux institutions religieuses pour qu’à l’avenir, ils saisissent des occasions similaires pour inviter les fidèles des autres confessions et les accueillir pour un partage commun des valeurs spirituelles. De telles initiatives permettront éventuellement l’ouverture des espaces de dialogue et de partage au sein même de nos institutions religieuses et l’affermissement des liens communs qui nous unissent tous au sein de notre commune destinée. »
Le conseil ajoute : « En ces temps de crises, économiques et sociales, il importe aux fidèles et à leurs mosquées, églises et temples de montrer la voie de l’ouverture. Il nous faut maintenant nous appuyer sur notre foi et sur nos valeurs pour prévenir tout risque de division et d’intolérance. Il existe un vivre-ensemble mauricien, un dialogue interreligieux à la mauricienne qui a façonné notre destin et nous a garanti jusqu’ici une paix sociale. Il faut maintenant éviter que ce dialogue ne s’effrite. Il nous faut préparer l’avenir de nos enfants à travers l’éducation interculturelle, et on souhaite une très bonne fête d’Eid ul-Fitr à tous ! »