La réunion-marathon en deux étapes du conseil d’administration de la Tertiary Education Commission (TEC) sur la controverse de l’Eastern Institute for Integrated Learning in Management University (Mauritius Campus Branch) a accouché d’une souris. En effet, les membres de cette instance régulatrice dans le secteur de l’enseignement supérieur se gardent d’entériner toute décision en vue de faire respecter les injonctions de l’University Grants Commission de l’Inde par rapport aux opérations des Offshore Campus Centres. Tout simplement, par voie de communiqué, la TEC demande aux campus concernés de se mettre en contact avec leurs Indian Awarding Bodies respectifs pour des clarifications. Outre l’EIILM University (Mauritius Branch) du Jeetah Trust, au moins quatre autres instituts tertiaires, dont le Mauras College of Dentistry, sont actuellement dans la tourmente. Des parents d’étudiants, inscrits à des cours dans ces universités, demeurent inquiets devant l’absence d’initiatives en vue de résoudre ce problème.
Avec le communiqué posté sur son Website depuis le 6 septembre dernier, l’University Grants Commission de l’Inde est des plus catégoriques à l’effet que « private universities cannot affiliate an institution/college. They cannot establish off campus centres beyond the territorial jurisdiction of the concerned State (in India) ». Des représentants de l’UGC maintiennent que toutes les universités privées indiennes sont tenues de respecter les réglements en vigueur. D’autre part, pour les cours universitaires à distance, l’autorisation préalable du UGC-AICTE et DEC Joint Committee s’impose pour être en conformité aux réglements en vigueur.
Lors de ses dernières délibérations, le conseil d’administration de la TEC concède que des problèmes se posent au niveau de six « post-secondary education institutions » opérant à Maurice avec des programmes d’études sujets à accréditation de la part d’Indian Awarding Bodies. La TEC évite de citer les noms de ces institutions tout en révélant que deux ont été enregistrées en 2003 et 2004 respectivement, une en 2006, deux en 2007 et une en 2011. « They have satisfied all the requirements of the TEC Act and Regulations », ajoute le communiqué émis en date d’hier par la TEC.
Parmi les institutions concernées par l’injonction de fermeture de l’University Grants Commission pour non-respect des réglements, il y a l’EIILM University (Mauritius Branch Campus) avec un peu plus de 500 étudiants suivant des cours à plein temps, le Mauras College of Dentistry, affilié à l’université de Bhavnagar dans l’État du Gujarat avec une vingtaine d’étudiants, Intraconsult Limited, opérant en tant que Global Learning à Quatre-Bornes en collaboration avec la Sikkim Manipal University (30 étudiants), la JSS Academy Ltd en tandem avec la Kurukshetra University avec 262 étudiants inscrits et l’Arya Sabha Mauritius affilié à la Visvesvaraya Technological Universirty soit une population de 139 étudiants.
Devant le dilemme soulevé par le Crackdown des autorités indiennes sur des Errants Universities, la TEC a cru nécessaire de jouer les prolongations en demandant aux responsables des campus étrangers installés à Maurice de « seek clarifications with their respective awarding bodies in regard to the latter’s compliance matters with the Indian Regulatory Authority » et de la tenir informée des développements. En guise de réassurance, mention est faite dans le communiqué que « TEC is monitoring the whole matter very closely and will inform the students and the public in general of the action it will deem fit to take thereafter ».
Entre-temps, des instituts tertiaires affilés à des campus indiens continuent d’opérer même si depuis plus de trois mois, soit depuis juin dernier, l’University Grants Commission de l’Inde avant tiré la sonnette d’alarme à l’effet que « if any university established by State legislature wants to operate outside that State, it needs permission from the regulator concerned (such as UGC, Medical Council of India or the All India Council of Technical Education) ».
Or, aucune de ces six universités indiennes opérant à Maurice ne s’est pliée à cette directive. Depuis l’éclatement de cette affaire, les responsables de l’EIILM University (Mauritius Branch Campus), dont Sunil Jeetah, n’ont cessé de répéter qu’ils n’avaient aucune obligation à se soumettre aux conditions imposées par l’UGC, présentée comme « un bouledogue sans dents ». Les représentants des autres institutions académiques maintiennent que l’affiliation de ces dernières à des universités indiennes est en règle.
Cette décision de la TEC d’éviter de trancher dans le vif suscite de vives préoccupations par les parents d’étudiants inscrits à ces cours, notamment ceux d’EIILM University (Mauritius Branch Campus). Salim Muthy, porte-parole des parents d’étudiants, se demande « Pourquoi la TEC évite de se prononcer dans la conjoncture ? Que fait le ministère de l’Enseignement supérieur à ce sujet ? En tant que parents d’étudiants, nous avons le droit de savoir car il y va de l’avenir de nos enfants. Les autorités ne peuvent continuer à jouer au Ponce Pilate dans cette affaire. Nous ne comptons pas rester les bras croisés », a-t-il déclaré au Mauricien.
Des parents d’étudiants sont engagés depuis le début de la semaine dans des consultations avec des conseils légaux en vue d’obtenir satisfaction sur toute la ligne. « Soit la TEC décide que ces universités opèrent dans l’illégalité en prenant les mesures qui s’imposent soit elle s’engage à formaliser l’accréditation des diplômes universitaires », soulignent des parents préoccupés.
Par ailleurs, des étudiants d’EIILM University (Mauritius Branch Campus) ont mis en échec une tentative de la direction de mettre sur pied un Students Council au sein de cette institution. Ces étudiants font comprendre qu’ils ne sont pas contre cette démarche mais que le choix des représentants devra se faire de manière automatique par le corps estudiantin et nullement imposé par la direction. Cette dernière, qui a retenu les services de Me Rama Valayden, compte rencontrer la presse en cours de semaine pour faire le point sur la situation avec l’injonction de fermeture venant de l’University Grants Commission de l’Inde.