Des parents d’étudiants de l’EIILM, université appartenant aux proches de l’ancien ministre de l’Éducation tertiaire Rajesh Jeetah et qui a suscité la polémique concernant la reconnaissance de ses diplômes, ont eu à se présenter en Cour hier. Des sommes allant de Rs 80 000 à Rs 200 000 leur sont réclamées. Les principaux concernés ont plaidé non coupable.
« C’est un drame », affirme Salim Muthy, porte-parole de l’Association Parents-Étudiants de la EIILM University. Il en appelle au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, pour qu’il reçoive ces parents en vue de trouver une solution à leur situation. Par ailleurs, une manif est prévue par la même association demain, à 10 h 30, pour réclamer une rencontre avec le directeur, Sunil Jeetah.
« Nous dirons à Sunil Jeetah de nous donner tous nos papiers bien en règle et nous le paierons ensuite. Sans ces papiers, nous ne le paierons pas », lance une étudiante. Nombre de ceux à qui l’université réclame ces sommes d’argent ont mis un terme à leur cours suite aux allégations selon lesquelles elle opère dans l’illégalité et qu’elle n’avait pas eu l’approbation de l’UGC de l’Inde comme elle l’avait laissé entendre.
« Nous avons expliqué la situation à la ministre Leela Devi Dookun. Mais ce qui nous a semblé pas très normal, c’est qu’elle a dit qu’il y va aussi de la responsabilité des parents, que nous devons savoir où nous inscrivons nos enfants. Mais nous parents, nous regardons d’abord si l’université a son accréditation et comme on nous avait bien accueillis, on s’est dit que c’était une bonne université », affirme Salim Muthy.
Aujourd’hui, dit-il, « quand on dit un gradué par maison, c’est plutôt un chômeur par maison qu’on produit », d’autant que « la plupart des étudiants de l’EIILM sont issus de familles modestes. Ils ont honte de dire qu’ils sont à l’EIILM, ils auraient préféré dire qu’ils sont à l’UTM même s’ils payent plus cher que l’UTM et l’UoM ».
Salim Muthy salue le courage des parents qui, hier, ont plaidé non coupable et qui ont décidé de se défendre eux-mêmes. Une femme dont la fille étudie à l’EIILM a ainsi témoigné lors d’un point de presse : « Je touche seulement Rs 5 000 par mois avec une pension de veuve. Quand je suis allée à l’université pour visiter, on m’a dit qu’à cause de mon salaire, ma fille pourrait avoir une bourse. On m’a dit de l’inscrire vite sinon il n’y aurait plus de place. Par la suite, on m’a dit que la bourse a été annulée et que ma fille pourrait avoir droit à un prêt. Que je n’aurais rien à payer, que c’est ma fille qui paierait après ses études. Ensuite, le prêt n’a pas été approuvé et on vient me réclamer Rs 85 000 ! Comment pourrai-je rembourser cette somme alors que je ne touche même pas autant en une année ? Ils ont en train d’extorquer de l’argent à des pauvres comme nous ».
Témoignant, une étudiante devait pour sa part se montrer perplexe : alors que la présentation de la dissertation n’est pas encore terminée, l’université a déjà envoyé un courrier pour inviter les étudiants à la graduation ceremony le 27 mars à l’auditorium Octave Wiehe. « C’est la branche indienne de l’EIILM qui est censée organiser cette graduation ceremony mais la direction de cette instance est en prison. Je me demande si cela vaut la peine de poursuivre le travail sur ma dissertation et si cette graduation ceremony servira à quelque chose. Les certificats qui sont attribués ne portent aucun nom, juste une signature, on ne sait pas qui l’a signé ».
Pour Salim Muthy, les trois officiers de la TEC qui ont été pointés du doigt lors du Fact Finding Committee sur le DY Patil College devraient être mis à la porte. « Comment se fait-il qu’ils soient encore là et qu’ils soient toujours en train de s’occuper du dossier de l’EIILM ? Est-ce avec de telles personnes qu’on deviendra un knowledge hub ? » Salim Muthy devait par ailleurs regretter que contrairement à ce qu’elle faisait quand elle était dans l’opposition, en posant des questions sur l’EIILM et la TEC, la ministre de l’Éducation « vienne nous dire que nous avons notre part de responsabilité et nous demander de loger un procès en Cour contre l’EIILM. Où est-ce qu’on aura l’argent ? » Il demande une enquête sur les officiers qui ont été pointés du doigt dans l’affaire DY Patil et une autre enquête sur toutes les institutions tertiaires de l’île. « Sans vouloir blâmer le gouvernement, nous demandons son aide pour une solution ».
L’association dit envisager une grève de la faim si elle n’obtient pas satisfaction et se dit convaincue que « nous gagnerons car nous ne sommes pas responsables ». « Nous demandons au Premier ministre d’entendre le cri de détresse des parents et on est sûr qu’il ne sera pas insensible », dit-il, d’autant que l’Alliance Lepep avait fait nombre de critiques sur de telles « universités marrons » pendant la campagne électorale.