Sir Anerood Jugnauth, ancien président de la République et leader du Remake 2000, réclame une Commission d’enquête en vue d’établir si dans le cas de la EIILM University de la famille Jeetah, la Tertiary Education Commission (TEC) a agi en conformité avec la loi. SAJ veut, notamment, savoir si la TEC a préalablement consulté la University Grants Commission (UGC) avant de permettre à cette institution d’opérer à Maurice et d’émettre des diplômes. Le leader du Remake 2000 réitère, par ailleurs, la demande de l’opposition pour que  le ministre de l’Enseignement supérieur, Rajesh Jeetah, démissionne.
Critiquant ce qu’il considère être le «déshonneur» avec lequel, selon lui, le ministre Rajesh Jeetah gère l’Enseignement supérieur, sir Anerood estime que le projet du gouvernement de faire du pays une Education Hub demeurera «un rêve». Parlant de ce qu’il appelle les «so-called universities» de la famille Jeetah, il rappelle qu’en Inde, les institutions-mères sont régies par la University Grants Commission seule habilitée à accréditer et donner de la valeur aux diplômes émis par des universités en Inde et à leurs filiales à l’étranger.
Le leader du Remake 2000 affirme que la UGC a clairement indiqué que les certificats de la EIILM University des Jeetah «ne valent rien», contrairement à ce qu’avancent encore ses promoteurs. Parlant de «conflit d’intérêts», SAJ s’étonne que l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) soit demeurée «aveugle» même si Rajesh Jeetah a «avoué», selon lui, à l’Assemblée nationale être un membre du Board of Trustees du Jeetah Trust qui gère la EIILM University. Il rappelle que le père du ministre est venu confirmer qu’il y avait conflit d’intérêts et que c’est pour cela qu’il aurait révoqué du board son fils sans que ce dernier ne le sache.
Nouvelle aérogare: «La charrue devant les boeufs»
«Quand le ministre Jeetah a-t-il été révoqué du Jeetah Trust? A-t-on informé les autorités compétentes de cette révocation? Tout cela laisse des doutes», estime sir Anerood. Le leader du Remake 2000 réclame l’institution d’une Commission d’enquête en vue d’établir si, dans le cas de la EIILM University, les décisions prises par la Tertiary Education Commission étaient légales. «Y a-t-il eu consultations avec la UGC? Existe-t-il des correspondances échangées? Si oui, ont-elles été gardées secrètes?»: autant de questions soulevées par SAJ.
Réitérant la demande de l’opposition pour la démission du ministre de l’Enseignement supérieur, sir Anerood soutient que Rajesh Jeetah a été «une faillite» au sein de tous les ministères dont il a eu la charge jusqu’ici. Évoquant le sort des étudiants étrangers – Népalais et Indiens, notamment – qui se retrouvent désenchantés après avoir investi gros, de même que celui des étudiants mauriciens, SAJ est d’avis qu’il est de la responsabilité du gouvernement de revoir toute la situation en vue de faire que les diplômes délivrés par toutes les institutions opérant à Maurice valent leur pesant d’or.
Le leader du Remake 2000 qualifie de «honte» la situation au niveau de l’Enseignement supérieur. Il critique le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qu’il juge «incapable» de prendre des mesures à l’encontre de son ministre. Pour lui, le chef du gouvernement aurait dû avoir, depuis longtemps, demandé à Rajesh Jeetah de partir.
Parlant de la nouvelle aérogare, SAJ critique une nouvelle fois les dépenses «faramineuses», selon lui, pour l’inauguration de cette infrastructure aéroportuaire. Il promet que la question sera soulevée à la prochaine rentrée parlementaire. S’il ne conteste pas l’utilité d’une nouvelle aérogare moderne, sir Anerood trouve toutefois que l’on a mis la charrue devant les boeufs. Il explique que la nouvelle infrastructure aménagée au coût de Rs 14 milliards est capable d’accommoder plus de 4 millions de passagers alors que, dit-il, on peine encore à accueillir un million de passagers.
Pour lui, rien n’est fait pour attirer davantage de touristes «si ce n’est l’organisation de carnavals.» «Le gouvernement, dit-il, n’a aucun sens de direction et aucune politique d’ensemble.» Évoquant le fait qu’il faudra aussi une nouvelle tour de contrôle qui, selon lui, ira chercher dans les Rs 3 milliards additionnelles, le leader du Remake 2000 souligne qu’en fin de compte, c’est la population qui aura à casquer. Il parle aussi de la compagnie nationale d’aviation dont la performance, dit-il, a largement chuté en raison surtout du hedging désastreux d’il y a quelques années.
Évoquant, par ailleurs, le cas des ouvriers bangladais, SAJ critique la position adoptée à leur encontre par le ministre du Travail, Shakeel Mohamed. Une position «repressive» et «dominère», selon lui, qui «fait honte.» Pour sir Anerood, les lois amendées du travail ont été utilisées contre ces travailleurs étrangers. S’il reconnaît que nul ne peut défier la loi, sir Anerood souligne le fait que ces travailleurs ont quitté leur pays d’origine pour, dit-il, venir travailler «comme des boeufs» à Maurice. Selon lui, c’est l’attitude «arrogante» du patronat à leur encontre qui a poussé ces travailleurs bangladais à la révolte.
Le leader du Remake 2000 estime que, dans les circonstances, le gouvernement avait le devoir d’écouter leurs griefs et d’intervenir en vue de régler le problème. Pour lui, si ces travailleurs étrangers enfreignaient la loi, il fallait les poursuivre. Or, explique-t-il, il ont été simplement déportés sans autre forme de procès. Le leader du Remake 2000 se demande si une telle attitude n’est pas susceptible de ternir la réputation de Maurice, État de droit et pays démocratique où règne la justice.