Le leader du PTr, Navin Ramgoolam, a réaffirmé que son parti se rendra seul aux prochaines élections générales « car il n’est pas question de faire des concessions au sujet de la politique de rupture » qu’il préconise. C’est en tout cas la posture qu’il a adoptée hier soir à la municipalité de Quatre-Bornes à l’occasion de la réunion des activistes en vue de lancer officiellement la campagne électorale de son candidat, Arvin Boolell. Celui-ci soutient que «le No 18 saura donner l’exemple à Maurice lors du scrutin du 17 décembre». De son côté, Shakeel Mohamed annonce qu’il présentera une motion de blâme contre Nando Bodha, « qui n’a pas encore déposé le contrat » concernant le projet Metro Express.
Le Parti travailliste n’a pas lésiné sur les moyens pour faire de la mobilisation d’hier un succès. Des sympathisants venus de plusieurs régions étaient en effet venus prêter main-forte aux activistes de Quatre-Bornes, permettant ainsi de rassembler une foule, qui a même débordé à l’extérieur. Dans un discours de près d’une heure, Navin Ramgoolam s’est appesanti sur les réalisations de son gouvernement lorsqu’il était au pouvoir. Dans le même souffle, il a accusé le gouvernement actuel de « s’approprier tous les projets » qu’il avait lui-même initié. Evoquant l’arrivée de l’Airbus A350 cette semaine, il a accusé Pravind Jugnauth de « se comporter comme si c’était lui qui avait commandé l’appareil ».
Navin Ramgoolam est revenu sur son choix concernant Airbus au lieu de Boeing. « Les relations économiques doivent être prises en ligne de compte », a-t-il estimé, affirmant qu’alors qu’il avait promis d’acheter des appareils de la compagnie Airbus, il aura été « surpris, alors que Paul Bérenger était Premier ministre », d’apprendre que c’est finalement chez Boeing qu’Air Mauritius comptait s’approvisionner. Et d’observer que cette décision avait été prise par le leader du MMM « à la suite d’une visite aux Etats-Unis ». Toutefois, après que Paul Bérenger ait dissous le parlement, il devait apprendre qu’Air Mauritius optera pour Airbus. Or, il avère, selon Navin Ramgoolam, que l’appareil choisi était « la dernière de sa série et n’était pas dans l’intérêt de Maurice ». Il s’est alors lancé dans une longue explication pour expliquer comment il avait été amené à rencontrer le président Jacques Chirac, lequel avait « forcé le président d’Airbus à renégocier l’achat d’un nouvel appareil », ajoutant que c’est sur les recommandations du président français qu’il avait retenu les services de M. Gleeson.
Ce dernier qui, selon lui, est « un négociateur hors pair », l’a conseillé à plusieurs reprises concernant Air Mauritius. Il a aussi rappelé avoir eu recours à une firme française pour restructurer le contrat d’Air Mauritius concernant le “hedging”.
Navin Ramgoolam est également revenu sur la révision du traité de non-double imposition (DTAA) avec l’Inde, accusant Roshi Badhain, Vishnu Lutchmeenaraidoo « et les autres » d’avoir « cédé aux pressions » du ministre indien des Finances, chose qu’il n’a « jamais fait » afin « de ne pas mettre en péril l’emploi des jeunes dans le secteur financier ». Pour lui, Roshi Badhain est « comme un éléphant dans un magasin de porcelaine » car « il a tout détruit sur son chemin ». Quant à Pravind Jugnauth, Navin Ramgoolam estime que celui-ci « n’a aucune légitimité », qualifiant le Premier ministre de « squatter à la tête du gouvernement ». De plus, a poursuivi le leader du Ptr, Pravind Jugnauth « n’a aucune autorité au point que le président de l’Hindu House est venu lui faire la leçon ». Et de poursuivre : « Il n’y a aucune comparaison entre Pravind Jugnauth et moi. Si j’étais Premier ministre, ni Soodhun ni Yerrigadoo, ni Rutnah et encore moins Tarolah ne seraient restés un instant à leur poste. J’ai pris ma décision, quitte à perdre les élections. » Après quoi il a accusé le gouvernement d’avoir « mal géré le dossier des Chagos ».
Navin Ramgoolam n’a pas non plus épargné Xavier-Luc Duval, qu’il accuse de « pratiquer le communalisme et le castéisme » durant la campagne électorale. Le leader rouge a par ailleurs nié les allégations quant à un différend qu’il aurait avec Arvin Boolell. « Si Arvin Boolell a été choisi, c’est parce qu’il est le meilleur candidat », dit-il à ce propos, soulignant que « tout sera fait pour qu’il entre au parlement ».
Le congrès était présidé par Stéphanie Anquetil. Shakeel Mohamed a expliqué dans son intervention les raisons pour lesquelles « il faudra voter pour Arvin Boolell, qui est un politicien d’expérience ». Et d’annoncer son intention de présenter une motion de blâme contre le ministre Nando Bodha. Arvin Boolell a pour sa part mis l’accent sur « la dignité humaine ». Il a aussi été très critique vis-à-vis de Roshi Badhain. Pour lui, le 17 décembre « sera l’occasion de voter pour l’île Maurice ».