Ils n’ont pas plus de dix ans et nous donnent une description des plus “honnêtes” de ce que représentent pour eux les élections. Entre ce qu’ils entendent leurs parents dire, ce qu’ils voient et constatent, les réponses diffèrent. Ces petits se confient en toute innocence…
Un van parcourt les rues, invitant les électeurs au meeting du soir. Le tapage des haut-parleurs attire les regards. Dans la rue, une petite voix s’élève. Celle d’un petit garçon d’à peine 5 ans, accompagné de son frère : “Eleksion pe vini, ou trouve. Zot pe vini.” Quand on lui demande ce qu’est cette histoire d’élections, il répond : “Ala li la ! Depi taler la, sa bannla pe kriye koumsa. Eleksion pe vini mo dire ou. Nou pe atann limem la. Kouma li ariv kot nou, nou pou galoup deryer li. Nou pou swiv li ziska ki li arete”, confie le petit, tout excité.
Ailleurs, quelques gamins ont voulu donner un coup de main dans la nouvelle baz. Comme les grands, ils s’affairent. L’ambiance de fête et l’excitation du moment les ont conquis. Parmi eux, deux frères de moins de dix ans, qui ont décidé de faire savoir aux passants que le leader du parti sera au congrès qui aura lieu ce soir dans le quartier. “Congrès ?” C’est vrai, ils ne savent pas trop de quoi il s’agit. Mais pourquoi pas y aller après tout, puisque tout le monde semble excité de cette annonce, que répètent les deux frères, qui se présentent comme “azan parti”. Ils ne savent pas trop de quoi il en retourne. D’ailleurs, la politique ne leur dit pas grand-chose.Il en est de même pour Yogishen, 7 ans. Il aurait souhaité qu’il y ait des élections tous les jours et tous les mois, pour que “notre île soit aussi décorée qu’elle l’est en ce moment”. Le petit garçon confie que lorsqu’il est en voiture avec ses parents et sa petite soeur de 4 ans, Lovena, il s’amuse à interroger cette dernière sur les couleurs que portent les drapeaux et “bann tipti pavion kole-kole ansam la”. Pour Yogishen, les rues et les ronds-points n’ont jamais été aussi beaux. Ces couleurs représentent “les messieurs qui contrôlent le pays et que l’on voit souvent à la télévision”. Souvent ? Euh… c’est vrai que ces derniers jours, ces “messieurs” ont été très présents dans les lucarnes de la télévision nationale.