Plus de 11 millions de Mozambicains seront appelés aux urnes demain, mercredi 15 octobre, pour les élections présidentielles, législatives et provinciales comme l’avait annoncé l’année dernière le président sortant, son excellence Armando Emilio Guebuza qui ne briguera point un troisième mandat à la tête de l’état. Et selon la tendance actuelle, surtout suite à la paralysie du pays pendant plus d’un an et demi par Afonso Dhlakama – le leader historique de la Résistance Nationale Mozambicaine (Renamo) et principale figure de l’opposition – le parti de David Simango, le Mouvement Démocratique du Mozambique (MDM) qui a été créé en 2009 par des dissidents de la Renamo, du Front de Libération du Mozambique (Frelimo) et d’autres partis mozambicains, joue depuis 2008 les trouble-fête au sein du couple historique Frelimo-Renamo. Et considérant une telle propulsion, la question opportune que certains technocrates de la chose politique se posent est: le MDM deviendra-t-il la principale figure de l’opposition lors des prochaines élections?
Fondé sur un programme clair composé de quatre piliers, c’est-à-dire la réduction des pouvoirs du chef de l’état, le renforcement du pouvoir local, la création d’un système électoral plus inclusif et une réforme de la justice inscrite dans un changement profond des mentalités, le MDM se présente pour la deuxième fois à l’élection présidentielle et réunit toutes ses chances pour au moins décaler le Renamo comme principal parti de l’opposition. Ayant recueilli 8.6% des suffrages lors des élections générales de 2009, le MDM a profité du boycott électoral orchestré par le Renamo, qui n’avait recueilli que 16.5% des suffrages de 2009, pour remporter cinq des villes principales du pays aux élections municipales de 2013 avec une progression flagrante surtout dans le sud du pays y compris Maputo, la capitale.
Interrogé par Adrien Barbier du magazine Jeune Afrique sur les chances réelles du MDM aux prochaines élections, David Simango estime qu’il a désormais l’opportunité de transférer l’expérience du MDM au niveau national après cinq ans de bonne performance et de gestion des affaires citadines. «Nous voulons changer les mentalités: mettre fin au paternalisme de l’état…et aux discriminations. Nous voulons la solidarité, l’inclusion et la justice », s’est-il exclamé tout en soulignant que « le MDM est enfin prêt à 100% pour gouverner le pays ».
Selon certaines informations publiées dans la presse mozambicaine, le leader de l’opposition Afonso Dhlakama a fait l’objet de moqueries de toutes parts en paralysant le pays depuis octobre 2013 et en étant réclus dans les montagnes de Gorongosa jusqu’à très récemment. Selon certains journalistes chevronnés, le MDM a pu en profiter afin de sérieusement se positionner comme un principal adversaire du pouvoir.
Face au Renamo et au MDM se trouve le rouleau compresseur qu’est le Frelimo, qui a remporté 75% des suffrages aux dernières élections. Le Frelimo, qui était le seul mouvement de renommée internationale à avoir combattu pour l’indépendance du Mozambique en 1974, compte maintenir ce cap avec son candidat à la présidentielle, Felipe Nyusi – ancien ministre de la défense – grâce à une campagne féroce jusque dans les villages les plus reculés.
« Ces élections seront différentes des précédentes », assure-t-on du côté de la Commission nationale électorale (CNE) mozambicaine. «L’enthousiasme des électeurs est palpable… les différents partis politiques montrent qu’ils sont prêts à accepter le résultat des urnes, et la législation a été améliorée», précise le porte-parole Paulo Cuinica.  Et nombreux sont les observateurs à estimer que le scrutin, joué d’avance, sera à nouveau remporté par le parti Frelimo.
Mais après avoir été aux manettes depuis les accords de Lusaka et à la suite de la proclamation de l’indépendance en 1975, certains fervents et « die hard » du Frelimo considèrent que la montée en puissance du MDM ne devrait pas être prise à la légère vu que ce parti pourrait fortement ravir la place de premier opposant  au Renamo, voire même provoquer un second tour à la présidentielle, ce qui serait une première au Mozambique. Então vamos esperar para ver…*