Même si, valeur du jour, aucun cadre légal rigide ne régit le financement de la campagne électorale, cette question prend de plus en plus d’importance à l’approche des principales échéances. En fin de semaine, Transparency Mauritius est venue de l’avant avec un code de conduite où l’accent est mis sur l’importance de pouvoirs accrus à l’Electoral Supevisory Commission (ESC) allant dans le sens d’un assainissement de la situation. Et hier, Rezistans ek Alternativ est venu rajouter à cette équation électorale avec des propositions concrètes et, surtout, en faisant appel aux électeurs pour qu’ils agissent en tant que chiens de garde contre des agissements des candidats aux élections.
Intervenant lors d’un point de presse, hier, Stéphane Gua a réitéré le défi lancé par  Rezistans ek Alternativ aux partis politiques traditionnels au sujet du financement de leur campagne: « Que ces partis respectent la loi, c’est-à-dire pas plus de Rs 150 000 par candidat comme le stipule The Representation of The People Act 1958. Nous demandons à ce que les Returns des candidats de tous les partis politiques soient affichés sur les sites de leurs partis respectifs. »
Il a poursuivi en déclarant que Rezistans ek Alternativ milite pour que le soutien financier des partis politiques par des entreprises privées soit rendu illégal. « Les entreprises privées ne sont pas des entités démocratiques et n’ont pour objectif que la maximisation du profit. En participant financièrement aux élections, ces entreprises pervertissent le caractère démocratique des élections et enlèvent l’allégeance que les partis politiques doivent au peuple. En finançant les partis politiques dans le cadre des élections, ces entreprises ne font que du placement pour s’assurer de leurs intérêts économique pour les années à venir. Ces intérêts, qui vont dans la plupart des cas à l’encontre de l’intérêt de la nation et du peuple, lui enlèvent son caractère souverain sur les décisions d’enjeu national », dit le représentant de Rezistans ek Alternativ.
Ainsi, Rezistans ek Alternativ financera sa campagne grâce au soutien de la population au moyen d’une levée de fonds populaire et associatif de trois manières :
– des coupons de Rs 50 sont déjà disponibles avec les membres de Rezistans ek Alternativ et tout un chacun est invité à soutenir le mouvement en achetant un coupon,
– des versements à un compte bancaire à la MCB avec le Iban Number MU17MCBL0944000443079897000MUR avec le provisio que toute contribution du secteur privé sera refusé et des dons venant des entités démocratiques qui partagent les valeurs de Rezistans ek Alternativ, tels les syndicats et associations enregistrées.
– Rezistans ek Alternativ s’engage à rendre publics les noms de toute personne ou entité contribuant plus de Rs 25,000 à la campagne électorale.  « Nous défions les partis traditionnels d’en faire de même », dit-il.
En conclusion, Rezistans ek Alternativ fait un appel au sens du devoir citoyen de chaque électeur pour mettre sous contrôle le pouvoir de l’argent en période électorale. « Nous invitons tous les électeurs/citoyens à suivre les agissements des candidats de leurs circonscriptions afin de pouvoir contre-vérifier par la suite si les dépenses enregistrées par ces derniers correspondent bien à la réalité. Nous invitons les électeurs à agir comme des chiens de garde, de dénoncer tout cas de fraude avérée et de porter plainte », a-t-il conclu.
D’autre part, le code de conduite de Transparency Mauritius est consacré en majeure partie à cette question de financement des partis politiques. Toute une série de propositions ont été formulées allant à une revue complète des pouvoirs de l’Electoral Supervisory Commission en matière de contrôle des finances politiques à l’enregistrement formel des partis en tant qu’entités et redevables en termes de comptes aux autorités compétentes.
Transparency Mauritius préconise que « political parties should be registered as legal entities and their certified and audited accounts to be submitted to the ESC every year. » Une autre proposition porte sur la mise en place par les partis politiques d’un registre officiel des principaux bailleurs de fonds avant et après les élections.
Toutefois, l’adoption de ces mesures nécessite des amendements au cadre légal régissant le monde politique avec entre-temps « Transparency Mauritius counting on the cooperation of the general public and making an appeal to the authorities for a fair and transparent election. »