L’ONG Dis-Moi, association oeuvrant pour la promotion des droits humains, a publié un manifeste dans le cadre du scrutin du 10 décembre. Ce document exhorte les candidats aux prochaines législatives à faire des droits humains une priorité au sein de la République de Maurice.
Douze points importants sont abordés dans ce manifeste, entre autres un plan national de lutte contre la pauvreté et la précarité ; la mise sur pied de politiques volontaristes en faveur des handicapés ; la restauration du Media Trust ; l’abolition du Best Loser System à travers une réforme électorale ; les droits des femmes, des enfants et des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres) ; la consolidation des mesures en faveur des personnes âgées ; la fin de l’instrumentalisation de la police ; l’introduction de l’éducation citoyenne et aux Droits humains dans le cursus scolaire ; le développement d’un programme écologique cohérent et une politique étrangère en conformité avec les Droits humains.
Linley Couronne, directeur de Dis-Moi, souhaite que le prochain gouvernement organise des États généraux de l’extrême pauvreté et présente un programme national de lutte contre l’exclusion avec des indicateurs fiables et une évaluation régulière et des outils concrets. L’ONG propose aussi d’inclure dans la Constitution, la protection des droits économiques, sociaux et culturels.
Tout en reconnaissant le travail effectué par les précédents gouvernements en ce qu’il s’agit du bien-être des handicapées, il affirme que « beaucoup reste à faire au niveau de l’accès aux lieux publics et surtout au niveau de l’emploi des handicapés ». À ce propos, il est souhaité que le Training and Development of Disabled Persons Board fasse un travail en profondeur pour améliorer les conditions de vie des handicapés, que la pension d’invalidité soit universelle et pourvue dès la naissance d’un handicapé, et non à 15 ans comme c’est le cas actuellement, ou encore que Maurice ratifie le protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux Droits des handicapés.
Dis-Moi suggère également de créer une police des polices pour enquêter sur les abus commis par les agents de l’État et d’élargir le champ d’action de la Police Complaints Division de la National Human Rights Commission (NHRC). L’organisation soutient de ce fait pleinement la création d’un syndicat de police pour défendre les droits des policiers. En ce qu’il s’agit de la liberté de la presse, elle demande au prochain gouvernement d’introduire une Freedom of Information Act, de réactiver le Media Trust et de permettre l’émergence des télévisions privées.
Le manifeste préconise que le choix des ministres soit basé sur la méritocratie « et non pour satisfaire des groupes socioculturels » et d’abolir le système Best Loser « qui institutionnalise la discrimination raciale et religieuse dans notre système électoral ».