La présentation officielle des candidats de l’Alliance PTr/MMM ce matin à l’hôtel Maritim devrait confirmer le repêchage in extremis de Shakeel Mohamed, ministre du Travail et des Relations industrielles, comme candidat pour le scrutin du 10 décembre prochain. C’est du moins ce qui découle des dernières tractations autour du cafouillage de la candidature d’Ahad Goolamallee dans la circonscription de Port-Louis Maritime/Port-Louis Est (N° 3). De son côté, l’Alliance Lepep a confirmé la publication de sa liste officielle et la présentation de 60 candidats aux prochaines élections avec le suspense encore de mise au sujet d’une investiture de Raouf Gulbul, avocat de profession, dans cette même circonscription de la capitale.
La Commission électorale a bouclé hier après-midi une première étape cruciale dans les procédures prévues dans les National Assembly Elections Regulations, 2014, en l’occurrence l’enregistrement des partis politiques. Un total record de 74 formations politiques figure sur la List of Applications for Registration of Parties/Party Alliances à être avalisée par l’Electoral Supervisory Commission lors de la réunion du jour.
Que ce soit au sein de l’Alliance PTr/MMM ou de l’Alliance Lepep, la mise au point des candidatures dans le N° 3 à Port-Louis, où le leader du Front Solidarité Mauricien (FSM), Cehl Meeah, gère une Vote Bank incontournable, constitue un casse-tête. Devant ce que le leader du MMM a qualifié de « cafouillage », le leadership de l’Alliance PTr/MMM a dû revoir sa copie.
Depuis ces derniers jours, il était devenu évident que la candidature d’Ahad Goolamallee au N° 3 était compromise. Des recoupements d’informations du Mauricien auprès de sources concordantes indiquent que le ministre du Travail et des Relations industrielles, qui avait été laissé sur la touche initialement contre une promesse du portefeuille d’Attorney General, devrait effectuer son come-back pour briguer le suffrage à Port-Louis Maritime/Port-Louis Est, soit le siège qu’il avait remporté lors des élections du 5 mai 2010.
Avec ce retour de Shakeel Mohamed, le nombre de ministres du gouvernement sortant, dont Vasant Bunwaree (Éducation), qui n’ont pas obtenu d’investiture de l’Alliance PTr/MMM reste à onze, sans compter Abdullah Hossen, Reza Issack, Pratibha Bholah, Balkissoon Hookoom et Rihun Hawoldar.
Aujourd’hui, l’Alliance Lepep devra également confirmer si l’avocat de Cehl Meeah, Me Raouf Gulbul, sera de la partie ou non pour caler les chances de l’opposition dans l’une de ces quatre circonscriptions de Port-Louis. Raouf Gulbul pourrait prétendre bénéficier d’un capital de sympathie de la part de l’électorat du FSM pour son dévouement dans la défense du leader de ce parti. En cas de confirmation, la lutte sera âpre à Port-Louis Maritime/Port-Louis et les résultats se joueraient dans un mouchoir comme en mai 2010.
Pas le CAM qu’on croit
Dans l’immédiat et en parallèle, la Commission électorale maintient le cap sur les préparatifs pour le scrutin du 10 décembre. À la fermeture de l’enregistrement des partis politiques, un nombre record de formations, 74 contre 65 en 2010, s’étaient inscrits pour contester les 62 sièges à pourvoir.
Parmi les derniers à se rendre au QG de la Commission électorale, lors de la dernière tranche horaire d’hier après-midi, relevons Voice of Hindu, avec un porte-voix pour symbole, et dont les dirigeants affirment être en mesure d’aligner un maximum de 36 candidats dans les circonscriptions allant de Pamplemousses/Triolet (N° 5) à Belle-Rose/Quatre-Bornes (N° 18).
Il y a également le CAM, mais dont le sigle n’est pas celui qu’on croit : il s’agit du Comité d’Actions Mauriciens, qui aura un chameau pour symbole. Les dirigeants du CAM revu et corrigé, Cassam Boolaly, Chairman du Waqf Board, Bye Ahlas Bashir Peerun et Raouf Ixeenoo, déclarent que leurs candidats seront en lice dans six circonscriptions, avec trois dans chacune des suivantes : Grande-Rivière-Nord-Ouest/Port-Louis Ouest (N° 1), Port-Louis Sud/Port-Louis Central (N° 2), le N° 5, Pamplemousses/Triolet, Montagne-Blanche/Grande-Rivière-Sud-Est (N° 10) et La Caverne/Phoenix (N° 15).
Deux cas à revoir
Parmi ces 74 formations politiques, huit ont été enregistrées par la Returning Officer de Rodrigues, Carole Green-Jokhoo, qui a fait le déplacement dans l’île pour les besoins de cet exercice. Les symboles choisis par les représentants des partis politiques vont de cet élégant feutre de l’Union Patriots Ilois Mauriciens de Karl Lamarque à la clé et le coeur de l’Alliance PTr/MMM ou la couronne royale de Rajput Uprising.
L’Electoral Supervisory Commission, qui se réunit ce matin, devra avaliser la liste des partis politiques et de leurs symboles respectifs. Les membres de cette instance devront également se prononcer sur deux cas spécifiques. Un premier cas concerne Rodrigues avec deux signes identiques, soir le MMR, le Mouvement Militant de Rodrigues du septuagénaire Vivian Roussety et le nouveau Mouvement Militant Rodriguais du député sortant et dissident du Mouvement Rodriguais, Christian Léopold, en alliance avec le Front Patriotique Rodriguais de Johnson Roussety.
L’autre cas controversé est le fait que deux partis politiques se sont fait enregistrer sous le même nom, le Parti Socialiste Mauricien avec pour même symbole la main. Le statu quo dans ces deux cas pourrait prêter à confusion et l’ESC décidera de la marche à suivre selon les dispositions de la loi.
En fin de journée hier, le commissaire électoral entouré de ses plus proches collaborateurs a eu des consultations avec des représentants du ministère des Finances au sujet du budget pour le financement de l’organisation des élections générales du 10 décembre. Une somme variant entre Rs 275 millions et Rs 300 millions a été agréée et les échanges ont porté sur les modalités de déboursement en tenant en ligne de compte les dépenses les plus prioritaires comme la publication des communiqués, la papeterie et les travaux confiés à l’Imprimerie du Gouvernement.