Dans les deux camps, on veut chanter victoire. Mais du côté de l’alliance PTr/PMSD, la mélodie est moins allègre, les résultats des élections municipales indiquant une remontée de l’adversaire.
Les macaronis sont cuits. Il y a ceux qui l’ont trouvé al dente. D’autres ont du mal à digérer puisque ça leur est resté au travers de la gorge. Ainsi, le Premier ministre aura beau enchaîner les explications acrobatiques pour tenter de faire avaler la couleuvre, les chiffres sont très clairs.
L’alliance MSM/MMM jubile : les résultats des dernières élections indiquent clairement son avancée au détriment du PTr/PMSD. Cette fois, le gouvernement n’a pas pu prendre toutes les villes. Beau Bassin/Rose-Hill, Port-Louis et Quatre-Bornes ont voté contre lui. Vacoas a été remporté presque de justesse; à Curepipe, la partie est égale avec l’élection d’un candidat du MMSD.
Arguments.
Face à cette remontée de l’opposition, Navin Ramgoolam s’interdit sur la place publique de reconnaître la défaite. Deux ans après les élections générales de 2010, le Premier ministre n’est plus aussi populaire qu’il l’espérait, alors qu’il avait toutes les cartes en main pour être persuasif et pour manipuler l’opinion. On peut penser que les électeurs sont insatisfaits de la performance du gouvernement de Navin Ramgoolam, pourtant si confiant depuis 2005.
Désormais, l’opposition a davantage d’arguments pour montrer les dents face au gouvernement. Les partenaires de l’alliance promettent de resserrer les liens qui les unissent, Bérenger promettant qu’il n’y aura pas de koz-koze ailleurs. Reste à savoir si cette promesse a été faite dans un état d’esprit différent de celui qui l’animait quand il voyait le MSM à des années-lumière de lui. Et si le parti soleil semble revigoré par l’arrivée d’un SAJ qui persiste à afficher la forme, le MSM n’a toujours pas retrouvé son éclat après avoir été éclaboussé de scandales dont les retombées sont toujours attendues.
Réflexion.
Les campagnes électorales terminées, place aux différentes analyses, dans l’espoir qu’elles aboutissent à des rectifications en fonction des attentes du peuple. Mais selon le timing décidé par le gouvernement, l’approche des fêtes ne tiendra pas les affaires politiques longtemps dans l’actualité. La réflexion est pourtant nécessaire.
Les semaines précédentes ont été intenses sur le terrain. Malgré le fort taux d’abstention enregistré, personne n’a pu échapper à cette ambiance de campagne qui a touché les villages comme les villes.
Dimanche, les élections se sont déroulées dans l’ordre, selon le même folklore. Quelques incidents entre agents adverses ont été enregistrés dans certaines régions, et il est attendu que les autorités enquêtent sur les allégations de distribution de vivres à laquelle se serait livré un des partis engagés dans la course. Si cela s’avère, des sanctions devront être prises contre les coupables, tout comme il est nécessaire d’enquêter dans les autres cas de malversations rapportés. Maurice ne peut plus se permettre de tels abus où des politiques et les agents se croient autorisés à insulter l’intelligence du peuple et le bon sens.
Mais on peut toujours croire au Père Noël…