L’enquête de la Special Cell du Central CID sur un enregistrement d’une conversation avec le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, au sujet de l’épouse de Pravind Jugnauth, progresse difficilement. Le principal suspect, Madhukar Ramnarain, qui a passé deux nuits en cellule policière, a été remis en liberté sous caution sur ordre du magistrat siégeant au tribunal de Port-Louis. Son épouse est déjà en liberté conditionnelle depuis sa comparution devant le tribunal jeudi.
Les séances d’interrogatoire du couple Ramnarain, menées séparément dans les locaux du Central CID en fin de semaine, n’ont pas donné les résultats escomptés. Les deux ont fait prévaloir leur droit au silence en réponse aux questions des limiers du Central CID. La seule indication, qui pourrait être utile lors d’une éventuelle réorientation de l’enquête est que le principal suspect aurait mis en doute l’authenticité de cet enregistrement.
« Mo kwar sa zafer li ene trikaz et li ine frabrike de toutes pièces », aurait laissé échapper le principal suspect lors de l’exercice d’hier. Les experts de l’IT Unit de la police devront compléter leur Forensic Analysis du disque dur de l’ordinateur de Madhukar Ramnarain avant de décider de la nouvelle étape à être enclenchée en vue d’élucider les circonstances dans lesquelles les propos de sir Anerood ont été enregistrés à son insu.
Le Central CID n’écarte pas la possibilité de procéder à l’audition des candidats de l’Alliance PTr/MMM aux dernières élections générales et qui auraient fait état de la teneur de cette conversation enregistrée lors de leurs interventions sur des estrades publiques. Ils pourront être interrogés plus tôt que prévu en vue de faire accélérer cette enquête initiée suite à une déposition de Pravind Jugnauth à la veille du scrutin.