Au Parti travailliste, on affirme n’avoir reçu aucune convocation de la station nationale pour la réunion d’hier au sujet de la répartition du temps d’antenne

L’état-major du Labour a rendez-vous demain avec l’Electoral Supervisory Commission pour aborder « la partisanerie politique de la MBC »

Veda Baloomoody conteste le critère d’Outgoing Members of Parliament avec, le GM privilégié par le regroupement des transfuges

 

La campagne pour les élections générales du 7 novembre battant son plein, la station nationale de radio et de télévision, MBC, est sur la sellette. Pour diverses raisons. D’abord, le président du Parti travailliste (PTr), Patrick Assirvaden, a consigné une déposition à charge à la Central CID contre la direction générale de la MBC dans l’affaire des « Personal Banking Transactions » de Navin Ramgooglam. Puis, une correspondance officielle a été adressée à l’Electoral Supervisory Commission dénonçant « la partisanerie politique de la MBC » pendant la campagne électorale. L’état-major du Labour a rendez-vous demain avec les membres de l’Electoral Supervisory Commission sur le même sujet. Le dernier élément en date remonte à hier matin avec la réunion dans les locaux de la MBC à Réduit pour établir l’allocation du temps d’antenne de 700 minutes dans le cadre des émissions politiques à la radio et à la télévision. Au sein du PTr, on affirmait, hier, qu’aucune convocation formelle n’a été reçue à cet effet. Pour L’Alliance Morisien, dont aucun représentant n’était présent, Showkutally Soodhun laissait entendre à Week-End en début d’après-midi qu’il allait s’enquérir de la situation auprès de la MBC.

« Nous ne sommes en présence d’aucune convocation de la MBC pour la réunion de ce samedi. Aucun des membres du parti n’a été informé de cette affaire et nous sommes dans l’obscurité totale quant à l’allocation du temps d’antenne pour ces émissions politiques. Nous nous interrogeons encore à ce sujet. Toutefois, nous n’oserons pas croire que nous avons été punis par la MBC parce que nous l’avons dénoncée à la police et à l’Electoral Supervisory Commission. En tout cas, une institution d’Etat ne peut se comporter de la sorte en démocratie. Au cas contraire, ce sera dangereux pour cette même démocratie », a laissé entendre un des dirigeants du PTr et de L’Alliance Nationale.

Outre l’absence des représentants de L’Alliance Morisein et de L’Alliance Nationale, la réunion d’hier a été marquée par de vifs échanges contestant les critères adoptés par la direction générale de la MBC. Veda Baloomooddy, qui avait à ses côtés Daniella Bastien, responsable des communications pour le MMM, s’est élevé avec véhémence contre la formule d’Outgoing Members of Parliament pour décider du temps d’antenne.

« Au nom du MMM, j’ai protesté contre cette démarche avec pour conséquence la consécration du transfugisme. J’ai insisté qu’il faudra tenir compte que le MMM avait 12 représentants à l’Assemblée nationale et que ce chiffre doit être retenu et non le critère de l’Outgoing Number de parlementaires. Mais la MBC n’a pas voulu entendre raison à ce sujet et a maintenu sa position », a déclaré à Week-End Veda Baloomoody. Le MMM obtiendra 79 minutes avec les premiers enregistrements demain dans les locaux de la MBC.

Pour la MBC, parmi les critères retenus, il y a le nombre de candidats alignés pour la joute du 7 novembre et le nombre de parlementaires à la dissolution de l’Assemblée nationale. La séance de travail s’est déroulée dans une atmosphère relativement houleuse par le représentant de Party Malin, auteur d’un walk-out après avoir émis des critiques acerbes.

Lors de la présentation des grandes lignes des émissions politiques d’une durée totale de 675 minutes allouées à 16 formations politiques et le début des enregistrements demain pour diffusion à partir de mardi soir, les protestations ont fusé de toutes parts. La MBC a proposé à chaque parti politique la signature d’un contrat. Lindsey Collen, de Lalit, déclare qu’elle a déjà signé le contrat avec la MBC, bien qu’elle ne soit pas satisfaite du temps d’antenne alloué.

« J’ai compris est que Lalit aura un total 23 minutes pour s’adresser aux téléspectateurs. Ces 23 minutes seront reparties en six tranches, soit entre trois à cinq minutes par émission. Ce que j’ai compris, c’est que ce temps n’est pas uniforme pour tous les partis politiques. Pour cette joute électorale, Lalit aligne 24 candidats. Ce qui fait qu’il sera difficile de présenter les 24 candidats lors de ces émissions », a dit Lindsey Collen.

De son côté, Yvan Beejadhur, leader de L’Alliance Lespwar, affirme qu’il n’est pas satisfait des modalités arrêtées lors de cette réunion. « Dans les grandes démocraties, on assiste à un réel débat entre les politiciens alors qu’à Maurice les téléspectateurs vont regarder des émissions qui ont été déjà  enregistrées », a-t-il faire fait ressortir.

« La réunion a pris fin et nous n’avons pas eu un accord sur les allocations du temps. On a fait état des guidelines pour les émissions politiques. On aurait aimé qu’on accorde plus de temps pour s’adresser aux téléspectateurs, car la campagne est courte. A ce stade, je ne peux pas dire combien de temps nous sera alloué pour ces émissions », dit-il.

Après la tenue de cette réunion à la MBC, les membres des Verts fraternels se sont rencontrés pour décider de la marche à suivre. Les représentants du Reform Party, dont le leader, Roshi Bhadain, était aussi présent lors de la réunion, hier.

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