À la veille des élections villageoises, les attentes des habitants du Centre sont grandissantes pour l’amélioration des infrastructures, que ce soit à Montagne-Ory, Moka, Petit-Verger, Verdun, St-Pierre, Quartier-Militaire, Vuillemin, l’Agrément, l’Avenir. À quelques jours du scrutin, candidats et partisans redoublent d’efforts en vue d’obtenir un siège dans les conseils de district. Cette dernière journée de campagne est décisive pour les candidats qui organiseront des défilés dans les rues afin de convaincre les électeurs.
À Moka/St-Pierre, de nombreux chantiers sont en cours : projets d’amélioration des routes et de construction de nouvelles routes, ce qui va dans quelque temps refaçonner le visage de cette région. La région de Moka/St-Pierre compte plusieurs projets d’envergure, notamment la route Terre-Rouge/Verdun où s’affairent quotidiennement des ouvriers mauriciens et chinois, ou encore la réfection de la route de Quartier-Militaire menant à Belle-Rive. Mais ce développement, estiment les habitants, a lieu principalement sur la route principale et non pas à l’intérieur du village. Depuis des années, ils réclament des drains et autres activités sportives et pour la jeunesse et déplorent le manque d’éclairage, entre autres.
Du côté du St-Pierre Progressive Democratic Party, on s’affaire pour la dernière ligne droite de cette campagne de courte durée. Les candidats s’activaient jeudi après-midi à préparer des affiches qu’ils devaient placarder un peu partout dans le village. Mais il n’est pas question de faire dans l’affichage sauvage, souligne le président Ramnarain Heerooa. Le parti a choisi de coller ses affiches sur des cartons afin d’éviter d’avoir à les gratter après les élections. D’ailleurs, ajoute Hesein Mandary, « gagne-perdi, nou pu tire ban lafis-la kouma eleksyion fini ». Dans son manifeste, ce mouvement ambitionne de faire de Saint-Pierre un village touristique, afin que celui-ci soit reconnu sur la carte touristique mondiale et promouvoir les entrepreneurs de l’endroit à travers des tables d’hôtes comme à Chamarel et créer ainsi de l’emploi. Ce mouvement veut se battre pour la création d’un complexe polyvalent qui abritera une salle de gym, un terrain de badminton, une table de billard. Ils réclament aussi un terrain de football car les jeunes doivent se rendre au village de l’Agrément pour y jouer. Les candidats demandent une jogging track dans différentes localités de St-Pierre en vue d’encourager un mode de vie plus sain. Au niveau des infrastructures, les candidats souhaitent entre autres que les ponts de Teeluckdary Lane et de Myosotice menant à l’école St-Pierre RCA soit réaménagés. Sandra Oliver, une des candidates, évoque l’idée d’une école des parents pour la région : « Une école des parents sera bénéfique pour la région dans la mesure où les parents pourront mieux aborder avec leurs enfants des sujets tabous comme la sexualité. »
Les candidats entament en fin de semaine la dernière tournée de porte-à-porte dans la région de Petit-Verger et cet après-midi dans les rues de St-Pierre.
Vuillemin veut son autonomie
Le Mouvement solidarité de Vuillemin a tenu jeudi après-midi son dernier meeting pour la campagne. Son cheval de bataille est l’autonomie du village car les habitants ont le sentiment d’avoir été délaissés par le conseil de district de Quartier-Militaire. « Nous sommes les parents pauvres du conseil de district. Nous voulons un conseil de village pour Vuillemin », expliquent les candidats de ce parti. Neuf habitants de ce petit village de quelque 4 000 habitants se sont regroupés, las d’être laissés pour compte, afin de faire sortir Vuillemin de sa torpeur. Les infrastructures dans ce village laissent à désirer. L’absence d’activités pour les jeunes et les personnes âgées, et d’école maternelle, est décriée. L’état du sub-hall témoigne du manque de volonté des autorités. « Ene zoue domino coute Rs 100 pena », déplore Mme Gungah, une des candidates. Nous rencontrons ce jour-là un groupe de femmes qui par manque d’activités se sont volontairement regroupées pour faire du yoga chaque jeudi après-midi dans le sub-hall. Elles n’ont pas de vestiaires pour se changer et sont contraintes de suspendre des draps aux fenêtres. Et quand il pleut, la salle coule. Dans la même cour à l’arrière du sub-hall, ce qui était censé être un jardin d’enfants n’est plus qu’un espace en friche. Des toboggans, balançoires, une glissade avaient été aménagés pour les enfants mais à ce jour, seule la balançoire a survécu. Mais elle ne peut pour autant être utilisée, étant dans un état déplorable. Les vestiaires sont à l’abandon. Des toilettes qui avaient été aménagées sont inutilisables. Le terrain de basket est également à l’abandon ; il manque les filets des paniers. Les habitants réclament des drains, des trottoirs appropriés et des obstacles sur les routes pour la sécurité routière. La liste des doléances s’allonge pour les habitants de la NHDC de Vuillemin, qui déplorent le déversement d’eaux usées régulièrement, créant une odeur nauséabonde et favorisant la prolifération des moustiques et autres insectes, tiques et autres bactéries. Il existe une réelle crainte pour la santé des habitants. Nous rencontrons deux mères avec dans leurs bras leurs nourrissons, qui déplorent l’absence d’un service de santé. Elles doivent se rendre au dispensaire de Quartier-Militaire pour recevoir des soins. Les habitants réclament un service de santé mobile pour le quartier trois fois par semaine. Cela éviterait aux personnes âgées et souffrantes de parcourir de longues distances jusqu’à Quartier-Militaire, soutiennent-ils.