Long suspense hier à la Mohabeer Foogooa GS de Montagne-Longue où s’est déroulé le dépouillement des votes des élections pour ce gros village de la circonscription N°4 qui compte 5 352 électeurs, dont ceux des localités annexes de Camp-Laboue, Les Mariannes, Valton et Baillache. Après une lutte serrée, deux équipes s’y partagent les suffrages, à savoir le Mouvement pour le Développement du Village (MPDC) ayant pour emblème un Pont avec quatre candidats élus dont un en première position, et L’Equipe du Changement (Lotus) avec trois candidats élus dont un en seconde position et une de ses représentantes féminines – seule candidate d’ailleurs à avoir été élue – classée troisième. Les deux autres élus sont respectivement du Groupe L’Avenir (Couronne) et Long Mountain National Party (Trishul).
Les élus sont : Prijay Dosieah, du groupe Pont, en tête avec 944 voix et Davindra Kumar (Dayal) Ajoodheea (Lotus) avec 908 voix ; Satish (Toto) Cheetamun (Pont, 699 voix) ; la candidate Selvum Sanassy (Lotus, 631 voix) ; Veeramootoo (Kong) Vencatasawmy (Couronne, 625 voix), Veer Pritiviraj Fowdur (Trishul, 617 voix) ; Pardooman (Joe) Suneram (Pont, 612 voix) ; Teckhman Energeet (Lotus, 611 voix) et Premchandlall Bundhoo (Pont, 610 voix). À noter l’écart serré d’une voix seulement qui sépare entre eux les trois derniers élus.
Dès les premières heures la lutte s’annonçait âpre entre les groupes Pont et Lotus, les noms de leurs candidats respectifs se suivant de près au décompte dans les sept Counting Units du centre de vote. Le démarrage est inégal dans les salles, mais sans incident. La Returning Officer Kevina Poollay-Mootien veille soigneusement au bon déroulement du dépouillement. Dans une déclaration au Mauricien, elle exprime sa satisfaction du calme qui a caractérisé le vote la veille. Seule ombre au tableau, le taux de 50 % d’abstention parmi les électeurs. Ainsi sur 5 352 électeurs, seulement 2 677 avaient exercé leur devoir civique dimanche à la fermeture des bureaux, soit 49,98 %. Cette tendance, fait-on remarquer, n’est que très légèrement différente des élections de 2005. « Cette année il y a eu 392 votants de plus comparés aux 2 285 en 2005 où le taux de participation était de 50,1 % », indique un candidat.
Bulletins invalidés
Une atmosphère de franche camaraderie, voire familiale, régnait hier également entre agents et candidats de tous bords, tous se connaissant entre eux. À l’ombre des arbres et sous le préau, la bonne humeur a contribué à rendre l’attente moins longue dans la matinée. On y note la présence de nombreuses femmes candidates. Certaines sont femmes au foyer ou travaillent à leur compte, institutrices ou travailleuses sociales. Une femme pose en indépendante, disant ne pas se reconnaître dans les formations en lice, alors que plus loin, la présidente sortante du Conseil de village, Chandra Jyotee Boobun, énumère son bilan : Essay Competition, expos artistiques, récompenses aux meilleurs élèves, Sports Day pour personnes âgées, asphaltage des routes…
Le premier pointage se fait attendre. Durant leur pause, des Counting Agents postés à l’intérieur des salles rejoignent leurs candidats dehors. Certains font état de bulletins invalidés : des électeurs ont voté pour dix candidats au lieu de neuf. Parmi ceux présents l’on tente une explication : nombreux sont ceux qui pensent que la campagne en faveur des femmes en politique n’a été que partiellement comprise en région rurale, d’où le “dixième vote” qui serait un vote de sympathie pour une candidate, indique Satish Ramruttun, délégué sortant du Conseil de village de Montagne-Longue au Conseil de District du Nord. « En 2005, il fallait voter pour douze candidats. Cette fois, il n’y en a que neuf dont trois femmes. Si l’on considère que le vote communal a toujours cours, il faut maintenant compter également avec le vote sexiste ».
Le premier pointage a lieu vers midi sur 1 400 voix dépouillées, soit un peu soit un peu plus de la moitié des votes exprimés. À ce moment, 29 voix séparaient Prijay Dossieah, du groupe Pont, en première position avec 474 voix et Davindra Kumar Ajoodhea, du groupe Lotus, avec 445 voix. Alors que la candidate Selvum Sanassy était à ce moment en cinquième position et que Veer Pritiviraj Fowdur (Trishul) et Premchandlall Bundhoo (Pont) se disputaient la neuvième place, affichant ex-aequo avec 286 voix.
Retour affaibli
Si ce démarquage du groupe Pont était attendu dans ce camp, toutefois l’arrivée de son leader à la dixième place au premier pointage devait surprendre et même laisser planer chez ses candidats un sentiment de découragement. En effet, à midi, Satish Ramruttun affichait un faible 280 voix. Un score jugé « injuste » par certains qui estiment que la campagne des autres groupes était principalement axée contre sa personne. Plus tôt, Satish Ramruttun confiait au Mauricien son inquiétude devant le manque de discernement des électeurs : « Il est impératif de faire l’éducation des électeurs qui pour la majorité votent sans conviction, n’accordent aucune importance au programme electoral, ni au fait que le Conseil, dont les trois-quarts du budget sont engloutis par les dépenses courantes, n’a pas les moyens financiers de satisfaire toutes les demandes personnelles. Le programme n’est plus un enjeu ; l’électeur regarde son intérêt personnel, ce qu’il pourrait obtenir en retour. » En début d’après-midi, le leader du groupe Pont devait quitter les lieux, de même que la présidente sortante du Conseil de village, Chandra Jyotee Boobun.
Dans l’ensemble l’on retient que le groupe Pont revient au pouvoir mais affaibli, amputé de l’expérience de son ex-leader. Dans une déclaration au Mauricien, Priyaj Dosieah, 21 ans, élu en première position, indique que c’est sa toute première expérience politique. Si plus tôt il se disait confiant d’obtenir la majorité, cette victoire lui laisse toutefois un goût d’inachevé. « Je suis très déçu que Satish n’ait pas été élu. Il a une longue expérience de 14 ans au Conseil et possède une grande maîtrise les lois et rouages des Collectivités locales. Je suis heureux de la confiance placée en moi mais c’est une victoire incomplète. »
Pour sa part, Selvum Sanassy, seule femme à avoir été élue, se dit « fière et heureuse » de sa première participation à ces élections. « Maintenant il faut s’atteler à la tâche », ajoute cette institutrice d’école maternelle d’une trentaine d’années.
Cinquante candidats, dont Indépendants, étaient en lice à Montagne-Longue.