La nouvelle flambée du cours du pétrole est venue rappeler la vulnérabilité énergétique de Maurice. Car en dépit des ambitions affichées pour les énergies alternatives, le pays reste dépendant de l’importation des matières premières pour sa production d’électricité. Alors que la peur d’un « black out » plane sur le pays depuis quelque temps, la crainte d’une hausse du prix de l’électricité vient s’ajouter aux préoccupations du consommateur. Tout dépendra de la manière dont les autorités permettront au Central Electricity Board (CEB) d’amortir les frais.
La hausse du prix de l’huile lourde sur le marché mondial aura un impact inévitable sur le coût de la production de l’électricité à Maurice. Selon le Professeur Swaley Kasenally, ex-ministre de l’Énergie, devant une telle situation, le gouvernement se retrouvera devant deux choix : augmenter les subsides du CEB ou répercuter le coût sur les consommateurs. Une hausse du prix de l’électricité n’est donc pas à écarter.
Selon Statistics Mauritius, l’importation de produits pétroliers pour la production de l’électricité a augmenté de 5,1 % entre 2010 et 2011. La consommation pour la même période a elle aussi augmenté par 0,9 %.
Entre 2010 et 2011, le import bill pour les produits pétroliers et le charbon de terre a augmenté par 25,3 %, passant ainsi de Rs 24 721 millions à Rs 30 974 millions.
Ce qui est contraignant, note le Pr Kasenally, c’est que la note de l’importation des produits pétroliers sur le Produit National Brut (PNB) s’élève à 5 % et risque même d’atteindre 6-7 % avec la nouvelle hausse de prix. En comparaison, la même note pour les États-Unis et l’Europe représente 1,5 % et 1,7 %, respectivement. « Cela m’inquiète. Nous devons absolument trouver d’autres sources d’énergie. »
Valeur du jour, 58,6 % de notre besoin en électricité vient des centrales à bagasse et à charbon. Le CEB en produit 41,4 % à partir de l’huile lourde, alors que le reste est complété par des petites centrales d’énergies renouvelables. À noter toutefois que l’électricité à partir de la bagasse a chuté de 3,1 % en 2011, alors que l’électricité à partir des produits pétroliers a connu une hausse de 3 % pour la même année.